Episode Transcript
[00:00:03] Speaker A: Animateur à la télévision britannique depuis plus de 40 ans, personnalité renommée, pilier de la communauté médiatique, Philip Schofield a avoué avoir menti à tout le monde au sujet de sa relation avec un jeune coursier qui travaillait pour son émission matinale. Dans le même souffle, il s'est désisté de tous ses engagements publics.
La presse britannique s'est aussitôt hâtée de faire ses choux grades et dessous de l'aveu et de la démission du présentateur télé. À quoi tient le scandale ? Vous écoutez Après-Coup.
[00:01:09] Speaker B: Alors cette semaine tu m'appelles et tu m'écris et tu me dis est-ce que tu serais intéressée à faire le podcast sur Philips Caulfield et toute la saga autour de lui. Et là tu me dis je suis plongé dans cette histoire comme c'est mon habitude de me plonger dans des histoires.
[00:01:29] Speaker A: Et quelle ne fut pas ma joie d'apprendre que ça t'intéressait aussi.
[00:01:35] Speaker B: Oui, parce que moi, toutes les histoires de patinage, ce n'est vraiment pas beaucoup pour m'intéresser. Mais je ne connaissais pas qui c'était.
J'avais même pas jamais entendu parler du tout, ni de lui, donc Philip Schofield, ni de sa co-animatrice Holly Willoughby, qui sont donc des animateurs de télévision. C'est vraiment ça leur rôle. Lui, c'est un acteur aussi dans son jeune temps. Il a fait quelques trucs, mais comme tel, ils ont leur émission du matin au UK, This Morning.
[00:02:06] Speaker A: Qui est une institution. En fait, ça existe depuis 1988, cette émission-là. Ça veut dire que ça dure, ça dure, ça dure.
[00:02:12] Speaker B: Oui, puis c'est une émission du matin typique, c'est sympathique, ils sont cute, ils arrivent, il y a un petit banter de qu'est-ce qu'ils ont fait. Il y a un côté human interest, ils invitent des gens, ils parlent de leur vécu.
[00:02:26] Speaker A: Sur le sofa, il y a un fameux sofa, la personne prend place sur le sofa.
[00:02:32] Speaker B: Et donc, c'est une institution parce que l'explosion qu'on connaît des médias fait en sorte que la télé a un peu moins d'importance, mais pendant des décennies, les gens ouvraient leur télé le matin, puis dans le background, il y avait Philippe et Oli qui discutaient, puis ça fait partie de la vie.
[00:02:50] Speaker A: Oui, puis c'est un segment de la population quand même assez spécifique. C'est des gens qui ne travaillent pas parce que, étant donné que c'est une émission du matin à la télé, ça rejoint des gens qui sont disponibles le matin pour écouter une émission. Exact.
[00:03:07] Speaker B: Alors, qu'est-ce qu'on en dit de ce scandale-là? Par quoi on commence?
[00:03:14] Speaker A: Donc lui, il anime, il a pris la barre de l'émission en 2002, donc il y a 21 ans. Sa co-animatrice, Holly Willoughby, est une des réalisatrices de l'émission.
est arrivé en 2008-2009. Et depuis ce temps-là, il forme un petit couple télévisuel que tout le monde aime, gentil-gentil. Ils se présentent comme les meilleurs amis du monde, ils voyagent ensemble et l'émission repose beaucoup sur la qualité de leur relation et la beauté de l'affection qu'ils témoignent un envers l'autre et l'ambiance familiale.
[00:03:58] Speaker B: Qu'Il crée autour d'eux.
[00:04:00] Speaker A: C'est ça qui est vendu. Ils sont tous les deux mariés, on le sait, mais c'est des vedettes, c'est des gens qui gagnent bien, très bien leur vie, c'est des vedettes à la télé, des gens qui se retrouvent dans les journaux à potins, etc.
[00:04:12] Speaker B: J'allais dire... L'expression qui m'est venue, c'est la couille dans le potage, mais là c'est inapproprié de dire ça.
[00:04:17] Speaker A: Je ne connais pas cette expression.
[00:04:20] Speaker B: C'est une expression que je n'utilise jamais, mais c'est celle qui m'est venue en tête. Mais donc le bug, l'enjeu surgit à un moment donné parce qu'il y a...
Donc, il y a quelque chose qui vient faire dérailler un peu ce train de bonheur quand, à un moment donné, il y a un jeune runner qui est engagé. Donc, runner, c'est vraiment quelqu'un qui vient run errands. Il se promène. Le gopher, le gopher this, le gopher that, on lui fait faire tout ce qu'on peut.
[00:05:04] Speaker A: Un commissionnaire, c'est ça?
[00:05:05] Speaker B: Un commissionnaire. Dans une émission, il y a plein de petites choses à guider.
qui est un jeune homme qui est mineur au départ. Il est mineur, je pense, il est-tu mineur quand il est engagé ou il est mineur quand il commence à communiquer avec Philip Schofield?
[00:05:19] Speaker A: Oui, il est engagé, il est très, très, très jeune.
[00:05:21] Speaker B: Mais probablement qu'il est engagé à 18.
[00:05:23] Speaker A: Je pense que c'est ça qu'ils disent en version officielle. Et les gens s'étonnent en fait. Ce runner-là arrive et très peu de temps après son arrivée, On lui donne des caméos à la télé. Il peut présenter des choses. Il a un rôle de visibilité. Il est même accompagnateur sur la scène lors de galas quand l'émission reçoit des prix. C'est pas une position qui est naturelle, habituelle pour un runner et qu'il gradue aussi vite. Et très étonnant, il crée des malaises, semble-t-il, à l'intérieur de l'émission et au-delà.
[00:06:01] Speaker B: Et là, il y a un gala à un moment donné où cette personne-là, et c'est un peu particulier parce qu'on le voyait venir, mais c'est une victime dans un sens, malgré que ça fait partie du chelou. Tout le monde sait c'est qui parce qu'on le voyait à la télévision.
mais il veut rester anonyme, il veut pas être nommé, il veut pas être impliqué, fait que personne en ce moment le nomme, même si tout le monde sait c'est qui. Alors ça fait quand même une drôle de situation, parce qu'on se réfère toujours à lui comme le jeune homme, pauvre lui, avec ce qui est arrivé, mais on dit pas nécessairement ce qui est arrivé, ni c'est qui. Mais on sait quand même que lors d'un gala, il est un peu émêché.
[00:06:43] Speaker A: Oui, complètement sous, même carrément. C'est un gars-là où toutes les personnalités importantes de la télé des médias britanniques se trouvent. Et il prend à partie Philip Schofield, il prend à partie sa collègue Harley Wallaby et d'autres personnes du milieu médiatique pour dire quelque chose qu'on ne sait pas parce qu'on veut préserver sa confidentialité, sa dignité et tout ça, mais qui a mis la puce à l'oreille à beaucoup de personnes, dont une est allée directement à la direction d'ITV, qui est l'émission qui héberge This Morning.
[00:07:24] Speaker B: Qui est en fait le poste de télévision qui héberge. Oui.
[00:07:28] Speaker A: Oui.
[00:07:28] Speaker B: C'est ça que j'ai... Non, t'as dit c'est l'émission. C'est vraiment le poste de télé.
[00:07:33] Speaker A: Le poste de télé qui héberge l'émission, à la direction, exprimer son malaise et demander qu'on investigue. La réponse qu'il a obtenue, c'est des rumeurs malicieuses et ça s'est relativement arrêté là.
Ça, c'est comme le début des craques dans l'image... De perfection. De perfection, de gentillesse, de bonté et tout ça que cette émission-là cultive depuis toujours et que ce couple télévisuel cultive aussi. Il y a eu aussi une plainte qui a été portée, on l'a su après coup, par une autre animatrice de l'émission, Ruth Langsford, qui animait, je crois, c'était une fois par semaine, en l'absence des animateurs principaux, avec son mari, Eamon Holmes, l'émission donc This Morning. Elle est allée porter plainte. Peu après avoir porté plainte, elle a perdu son poste à l'émission. Et voilà, les deux se sont retrouvés, ou un des deux s'est retrouvé dans un poste concurrent.
[00:08:50] Speaker B: Donc, est-ce qu'il y a quelque chose... Donc, déjà là, on est en 2019, je crois. La question commence à se profiler. Est-ce qu'il y a quelque chose d'inapproprié qui se passe entre Philippe Schofield, qui est l'animateur-vedette de 60 ans, à ce moment-là, il a 57 à peu près, et ce jeune runner-là qui est dans la début-début vingtaine? Ça commence à se savoir, ça commence à se dire. Et là, il y a une révélation qui vient amener un autre angle à l'affaire. Philippe Schofield révèle en fait en honte qu'il est gay en 2020. Ce qui jusque-là, il n'était pas su officiellement.
[00:09:32] Speaker A: Oui, mais tout le monde dit que tout le monde savait. C'était comme une évidence pour tout le monde dans ces réseaux-là. Ce n'était pas un enjeu particulier, mais le coming out, était très, très, très, très mise en scène.
[00:09:48] Speaker B: Très mise en scène.
[00:09:49] Speaker A: Très mise en scène. Et malaisant, presque.
[00:09:55] Speaker B: Oui. Oui, bien en fait, donc le coming out, c'est bien accepté. Quand il le fait, tout le monde est... Ému. C'est ce qu'il dit, en fait. C'est tellement staging, évidemment, tout le monde réagit bien. Il y a des petites fissures des fois qui apparaissent, on en reparlera dans la réaction de certains. Mais bon, tout le monde réagit bien.
Il arrive, sa co-animatrice lit son statement qu'il a préparé. Ils sont très posés, ils sont très slick. Ils prennent leur temps, ils se regardent, ils s'en lassent, ils reviennent. Tout est bien fait.
[00:10:30] Speaker A: C'est une chorégraphie.
[00:10:32] Speaker B: C'est ça, exactement. Mais c'est comme une chorégraphie. C'est comme du patinage artistique. Tu sais, tu regardes du patinage artistique de haut niveau, c'est en même temps très stagé et pratiqué parce qu'ils font les vrilles qu'ils doivent faire au bon moment. En même temps, ils sont tellement bons que ça a l'air naturel.
Tu sais, c'est bien fait. Le gars, il lance la fille après trois flips, elle retombe. Mais en même temps, ils se sont pratiqués. Moi, ça me fait vraiment penser à ça. Je suis content de mon analogie.
[00:11:00] Speaker A: Oui, excellente analogie.
[00:11:01] Speaker B: C'est du patinage artistique. C'est un coming out de patinage artistique. Fait que tout le monde réagit bien. Puis bon, il y a le droit. On est correct avec ça. Sauf que là, comme la rumeur continue Et elle continue, je pense que c'est quasiment la clé de l'affaire, la rumeur continue qu'il y a eu quelque chose d'inapproprié entre Philippe Scofield et ce jeune-là, qui est sorti de l'émission et envoyé ailleurs, dans une autre émission.
[00:11:28] Speaker A: Et qui a bumpé quelqu'un d'autre, en fait, pour prendre son poste.
[00:11:32] Speaker B: Qui est un peu inhabituel, donc, d'avoir quelqu'un qui a pas un poste élevé à qui on donne ce poste-là à une autre émission. Mais donc, il est sorti de l'émission, Donc, ça persiste le fait qu'il y avait quelque chose d'inapproprié, mais que surtout, ce jeune-là ne va pas bien. Je pense que c'est ça la clé de l'affaire. Parce que sinon, bon... C'est une sorte de relation qu'il peut avoir entre différentes personnes. On commence à en faire des histoires à chaque fois. On va juste parler de ça. Mais là, il y a l'idée que ce jeune-là, au niveau de la santé mentale...
Et nous, on découvre tout ce monde-là. Le troubled young man, ça revient souvent, souvent, souvent. Dans toutes les stations, tout le monde qui en parle...
Moi, j'essayais de noter les signifiants de ces troubled young men, innocent young men, stolen youth, vulnerable young men. Tu sais, il y a quelque chose que cette personne-là va mal, et c'est un peu ça le nœud du scandale.
Et donc, l'idée serait puis peut-être que c'est cynique, puis c'est pas ça, non, mais que Philippe Schofield aurait révélé son homosexualité un peu pour préparer les coups futurs par rapport à son geste inapproprié. Donc, quand ça serait su qu'il y avait eu une aventure avec ce jeune-là, il n'y aurait pas la double surprise, si on veut, ou la triple surprise, mais qu'il y ait au moins quelque chose qui soit su.
à savoir qu'il y a des relations avec des hommes. Fait qu'au moins, ça s'est établi. Ça se peut-tu?
[00:13:09] Speaker A: Oui, ça se peut. Ça se peut d'autant que ce qui est arrivé par la suite, c'est que son frère, à Philip Schofield, a été condamné pour pédophilie.
[00:13:21] Speaker B: Oui, tout décemment.
[00:13:22] Speaker A: Au mois d'avril cette année. Et que Philip Schofield était au courant avant que son frère soit même accusé. Donc je ne sais pas depuis combien de temps il était au courant qu'il n'a pas appelé la police pour dénoncer son frère qui lui a plutôt recommandé de consulter un médecin. Ça aussi, éventuellement, il ne pouvait pas ne pas savoir qu'éventuellement, ça se saurait publiquement.
que c'était son frère et que ça aurait des conséquences sur lui. Donc, on parle d'une condamnation pour pédophilie pratiquée sur un jeune homme pendant une durée de trois ans, sur la durée. Il est condamné, il est en prison. Philip Schofield dit, je n'ai plus de frère en ce qui me concerne. Il est très satisfait du jugement et il se distancie complètement de tout ça. Mais ça aussi, c'est dans l'air. Donc, le frère est condamné au mois d'avril. Après la condamnation, là, ça commence à aller mal à l'intérieur de l'émission, mais... Comment? Philip Schofield, puis j'imagine que dans le milieu aussi, on devait bien se douter qu'il y avait quelque chose dans l'air quand la question de sa relation avec ce jeune runner-là se discutait aussi.
Fait que de prendre les devants puis de faire une annonce publique que malgré 17 ans de présentation comme un homme marié, 27 ans, il a été marié à 27 ans, il a deux filles et c'était comme, ça faisait partie de son personnage public, cet aspect-là de sa vie privée.
dans le fin fond, il est gay, il a lutté intérieurement au plan sexuel, il y a eu beaucoup de doutes, de réflexions, etc. Mais là, on va faire un vrai coming out. Ça tombe drôlement au plan de... temporel, disons.
[00:15:21] Speaker B: Et donc là, à un moment donné, En fait, ce qui arrive, c'est que récemment, il n'a pas eu le choix d'admettre cette relation-là, en fait. C'est lui qui l'a admise.
[00:15:37] Speaker A: Oui, oui.
[00:15:38] Speaker B: C'est pas quelqu'un qui l'a donné à sa place.
[00:15:40] Speaker A: Non, ce qui est arrivé, c'est qu'il y avait des rumeurs et des rumeurs. Depuis la condamnation de son frère, là, les rumeurs semblent s'être intensifiées, puis la relation avec sa co-animatrice semble s'être vraiment détériorée au point que ça se retrouvait dans les journaux.
[00:15:54] Speaker B: C'est ça, c'est ça.
[00:15:56] Speaker A: Et éventuellement, D'abord, il a démissionné de l'émission et après avoir démissionné, publiquement, il a annoncé qu'effectivement, il avait eu une relation avec ce jeune homme-là, mais seulement à partir du moment où il était adulte, donc en âge de consentir.
[00:16:18] Speaker B: Et que c'était consensuel.
[00:16:20] Speaker A: Et qu'il n'a rien fait d'illégal, bien qu'il reconnaisse que ce soit inapproprié.
[00:16:25] Speaker B: Et là, les mots sont bien pesés, hein, parce qu'il écrit un statement, on peut penser, vraiment sans être trop cynique, tout ça est revisé par des avocats et des gens, tout est quand même fait d'une façon... avec des firmes de... de brands de marketing et tout ça, hein?
[00:16:42] Speaker A: Hum-hum. Sauf qu'il dit aussi, j'ai menti... à ma famille, à mes collègues, à mes supérieurs, à mes avocats, à mon agent d'artiste. J'ai menti à tout le monde, j'ai menti au public. Je suis profondément désolée.
Le lendemain, il a perdu son agence artistique. La compagnie ITV s'est dissociée de lui.
[00:17:11] Speaker B: – Le tout s'écroule.
[00:17:13] Speaker A: – Tout s'écroule.
[00:17:14] Speaker B: – Donc, mais d'après toi, puis on a découvert ça récemment, puis on est encore en train d'en patauger dans l'affaire, puis aussi là, c'est qu'on va en parler, les réactions fusent de partout.
[00:17:24] Speaker A: – Oui.
[00:17:27] Speaker B: Chaque station rivale en fait ses choux gras avec des entrevues de gens qui ont travaillé là-bas, des anciens collègues, là ça vraiment ça explose de partout. Mais selon toi, quand il a admis son geste inapproprié, c'est comme ça qu'il en parle, et qu'il a démissionné, il pensait peut-être pas nécessairement perdre son statut d'employé à la station. D'après toi, pensais-tu qu'il pourrait sauver ça puis juste aller dans une autre émission ou continuer sa carrière? Ou il savait que c'était la fin?
[00:18:00] Speaker A: Quand il a annoncé la deuxième fois, parce que ça s'est fait en deux temps, il a démissionné de l'émission. Puis là, il continuait d'animer les Soul Awards. Moi, c'est ça.
[00:18:12] Speaker B: Ça répond à ma question. C'est ça. Donc, excuse-moi.
[00:18:16] Speaker A: Puis après, il a annoncé qu'il démissionnait d'ITV au complet.
[00:18:19] Speaker B: – Ah, je pensais que c'était la clinique qui l'avait mis dehors.
[00:18:23] Speaker A: – En même temps qu'il a annoncé que... qu'il avait menti à tout le monde, il a annoncé qu'il démissionnait d'ITV.
[00:18:33] Speaker B: – OK.
[00:18:35] Speaker A: – C'est le 26 mai. C'est la semaine dernière.
[00:18:37] Speaker B: – Ce qui est complexe, c'est...
c'est qu'on... les gens, bon, donc les gens réagissent et lui reprochent plein plein plein d'affaires à différents registres.
Et lui, il répond, et donc il répond à ces différentes accusations-là, qui sont parfois dans des registres très très très différents, mais en fait complètement différents. Parce que, bon, Lui, ce qu'il admet comme étant inapproprié, c'est d'avoir eu une relation intime, sexuelle avec ce jeune runner-là parce qu'il était dans une position de pouvoir et que c'est un collègue de travail et que donc, ça en soi...
[00:19:28] Speaker A: C'est inapproprié.
[00:19:29] Speaker B: C'est inapproprié à cause de son statut. C'est vraiment à cause de son statut et du fait que c'est un employé et que lui, c'est comme la grande star.
Donc ça...
[00:19:40] Speaker A: Il reconnaît aussi avoir menti à tout le monde.
[00:19:44] Speaker B: Ouais, exact. Mais ça, tu vois, pour moi, c'est différent.
C'est un autre... Pour moi, tu vois, c'est différent parce que, tu sais, je peux comprendre qu'une compagnie, cette station-là, ITV, aille dans le règlement, dans les contrats, qui veulent pas que les employés aient des relations entre eux et des gens en pouvoir qui aient des relations...
Bon, peut-être c'est explicité, puis ça, c'est pas correct, tout ça.
La portée du mensonge, est-ce qu'il est dans l'obligation de dire la vérité sur sa vie privée?
au public ou même à ses collègues? Tu sais, la notion du mensonge dans cette affaire-là m'interpelle quand même.
[00:20:26] Speaker A: Bien, c'est parce que ce qui est arrivé, c'est qu'il y a eu plusieurs dénonciations. Donc Ruth Langsford a perdu son emploi après être allée se plaindre à ITV de quelque chose qui tournait pas rond dans la dynamique de cette émission-là, dont elle était aussi animatrice.
Il y a l'animateur de la télé concurrente, Dan Wooten, qui, après l'esclandre du jeune runner au gala et dont il a été témoin, s'est rendu à la direction d'ITV pour signaler que quelque chose ne tournait pas rond.
ITV a soi-disant fait une enquête en 2020 pour vérifier ce qu'il y en était, et conclut finalement que les propos de Dan Wooten, qui est un potineur, en fait, étaient...
Un bon potineur. Un bon potineur, oui. Un potineur de talent. Oui, très efficace. Je m'y connais.
[00:21:31] Speaker B: Non, mais tu l'aimes toi aussi.
[00:21:33] Speaker A: Je l'aime bien d'écouter. Ça me divertit beaucoup. Moi aussi. Mais il n'est pas aimé par beaucoup de gens parce qu'il est un potineur et qu'il n'est pas toujours fin en fait. Une fois qu'il y a quelqu'un dans sa mire... Il aime ça.
[00:21:49] Speaker B: Il aime ça.
[00:21:51] Speaker A: Oui, apparemment. Il y a un plaisir dans son visage.
[00:21:55] Speaker B: Sinon une jouissance.
[00:21:58] Speaker A: Donc, il s'est fait dire, lui, mais en fait, t'es juste un potineur. T'es un potineur de bas étage. C'est des rumeurs malicieuses que tu nous rapportes là, point.
[00:22:07] Speaker B: T'es une langue sale, comme on dit.
[00:22:09] Speaker A: Donc, il y avait eu des choses qui avaient été rapportées à la direction d'ITV au sujet de leur animateur vedette et qui étaient passées sous le tapis. Et quand le jeune runner a été parachuté dans une autre émission sans que personne ait averti les gens de l'autre émission, d'abord, et en bumpant le runner qui était là ensuite. Là, la question de pourquoi est-ce qu'il est éjecté de «This Morning» qui est l'émission qui l'a mis au monde télévisuellement parlant. Qu'est-ce qui se passe entre eux? C'est quoi le pouvoir réel d'un animateur de télé et de cet animateur de télé-là en particulier?
Comment ça se fait, nous, les animatrices de Loose Women, qui est l'émission qui vient d'après, on doit accepter que là, quelqu'un débarque chez nous sans qu'on ait été consulté, puis sans qu'il y ait eu de préparation? Il y a tout ça aussi.
[00:23:04] Speaker B: Mais c'est pour ça qu'on fait des podcasts sur la transgression, parce que c'est quand même souvent qu'il y a des affaires pas simples à explorer. Parce que moi, ma position, Tu sais, je me disais, il y a une relation avec ce jeune runner-là à partir du moment où il admet que c'est inapproprié, puis il s'excuse, puis il perd sa job. Pourquoi le fait qu'il ait gardé ça secret, c'est si grave? Je veux dire...
[00:23:24] Speaker A: C'est qu'il a menti quand on est venu lui demander, est-ce que tu as une relation avec lui?
[00:23:28] Speaker B: Mais c'est même pas ça, à la limite. Le fait qu'il ment, tu pourrais dire... Tu sais, tu pourrais dire parce qu'il ment, parce qu'il se dit dans sa tête, c'est pas de vos affaires. Mais là, c'est pas juste ça, c'est qu'il y a du monde qui note que c'est inapproprié et qui ont des conséquences... Qui empâtissent. Qui empâtissent. C'est-à-dire, si tu dis que ce qui se passe, c'est inapproprié, il dit non, t'as pas raison, t'as tort, t'es un potineur et tu perds ta job à cause de ça. C'est vrai que le mensonge a une autre... une autre twist, là.
[00:23:58] Speaker A: Oui.
[00:23:58] Speaker B: C'est pas la même chose. Il y a beaucoup de monde, en fait, qui ont eu des répercussions parce qu'ils essayaient de pointer quelque chose d'inapproprié, puis ils se faisaient dire, pour qui tu te prends, j'ai plus de pouvoir que toi.
[00:24:09] Speaker A: Oui.
[00:24:11] Speaker B: Je me dédie par rapport au fait qu'il y avait le droit de garder ça privé, puisque c'était privé.
[00:24:17] Speaker A: Puis, on peut ajouter une autre dimension, c'est que ce poste de télé-là, ITV, a remercié, a mis dehors, a cancelé, sans autre forme de procès, des personnes, des animateurs, y compris des animateurs vedettes, pour bien moins que ça, pour avoir exprimé la mauvaise opinion ou exprimé des doutes sur Meghan Markle en particulier, les.
[00:24:46] Speaker B: Deux fois, deux des fois.
[00:24:48] Speaker A: Pierce Morgan a perdu sa job pour avoir mis en doute les prétentions de Meghan Markle au moment de son passage à Oprah Winfrey.
[00:25:03] Speaker B: Non c'est ça, donc t'as toute la toile de fond de la station de télévision, ITV, qui se présente comme une station woke, pure, avec plein de bonnes valeurs, qui, parfois, le couperait tombe quand des gens sortent des rangs pour des affaires qui ne sont pas toujours évidentes, qui, là, protège Philippe, croit Philippe, la star Philippe. Ça explique aussi, comme tu dis, les réactions de certaines personnes. Celui qui a perdu sa job pour beaucoup moins.
[00:25:36] Speaker A: J'ai menti à mes agents, j'ai menti à mes avocats même, j'ai menti à mes patrons, etc. On peut entendre aussi que c'est des gens qui ont fait des erreurs.
l'effort de cette personne-là, d'abord de se mettre au-devant de l'histoire, parce que qu'est-ce qui l'a motivé, en fait, à faire cette annonce-là publiquement? Est-ce que la soupe était chaude par ailleurs? Est-ce que là, quelque chose d'autre se prépare? Qu'est-ce qu'il y en est de ce jeune homme-là dont tout le monde dit qu'il ne veut pas parler? C'est-à-dire, pourquoi a-t-il disparu? Il y a des gens qui sont là à dire, mais comme... Les chaînes de télé se battent en ce moment pour obtenir la première entrevue avec lui. Est-ce qu'il y avait quelque chose qui se préparait, qui lui a fait dire, OK, je vais aller au-devant. Je me rends compte de ce que ça peut me coûter. Je vais essayer de... Comment on dit? « He who speaks first controls the narrative. » C'est l'espoir peut-être qu'il a. Mais aussi, ce qu'il dit, c'est...
C'est de la faute à personne de ceux qui m'ont donné une job avec qui j'ai travaillé. Ce n'est pas de la faute de mes supérieurs. J'essaie malgré tout de protéger les intérêts de l'entreprise qui m'a embauchée et de ses collaborateurs.
[00:26:57] Speaker B: Peut-être pour pouvoir y retourner un jour.
[00:26:59] Speaker A: Peut-être pour pouvoir y retourner un jour, c'est ça.
[00:27:00] Speaker B: Est-ce qu'il y a quelque chose à dire?
c'est comme des frappes préventives. Tu prends tout sur toi, tu protèges tout le monde. Une fois que toi, tu t'es réhabilité, bien, tu peux revenir. Lui, il tire pas sur les autres, là, il accepte... Puis on a l'air de parler de ça d'une façon très calculée, mais en même temps, c'est un monde très calculé, comme on disait tantôt, quand ils se mettent à avouer des choses, c'est des choses qu'ils lisent.
Puis tu vois que c'est très, très contrive, là.
[00:27:27] Speaker A: Oui.
[00:27:30] Speaker B: On ne le sait pas, mais c'est vrai. Tout le monde se bat pour avoir la version de la victime. Il va se faire offrir des centaines de milliers de dollars pour révéler ce qui s'est passé.
Pour moi, il y a beaucoup de choses qui vont être reliées à ça, au sens où...
Philippe Scofield a plus de chances d'être réhabilité. Si la victime me disait, écoutez, arrêtez d'en faire toute une histoire, il n'y a pas eu de grooming, il n'y a pas eu d'abus de pouvoir, j'étais adulte, on était consentant, je vais bien, j'ai passé à d'autres choses, j'ai un autre chum, je ne sais pas pourquoi...
[00:28:07] Speaker A: – Oui, là, l'histoire va mourir.
[00:28:08] Speaker B: – Là, les gens diraient, bon, c'est vrai que...
[00:28:12] Speaker A: Sauf qu'as-tu l'impression que, en fait, avoir la réaction dont on devrait parler, parce que c'est fascinant à regarder.
[00:28:20] Speaker B: – La réaction des gens?
[00:28:21] Speaker A: – La réaction des gens. Mais est-ce que tu ne penses pas que le fait que les autres journalistes des autres émissions de télé, des autres postes de télé et même les journalistes ou les gens qui travaillent pour This Morning qui a continué tant bien que mal de diffuser avec des nouveaux animateurs, La réaction semble indiquer que ce monde-là est au courant qu'il y a quelque chose qui se prépare, qu'il y a potentiellement des révélations qui pourraient arriver. Parce qu'ils le connaissent en fait, le jeune homme.
Ils l'ont côtoyé, ils lui ont parlé.
Il n'avait rien à dire et aucune raison de se plaindre. Il n'y en aurait pas d'histoire. Il n'y aurait pas eu besoin de coming out comme ça, non? Et il n'y aurait pas cette réaction-là qui ne se gêne pas, en fait, pour insinuer, laisser planer cette chose-là. Parce que c'est important qu'on se spécifie. C'est que le frère de Philippe Schofield vient d'être condamné à une peine de prison pour pédophilie.
Et ce runner-là a commencé à être en contact avec Phillip Schofield alors qu'il était à peine adolescent, et encore.
Il l'a rencontré, il avait entre 10 et 13 ans, selon les rapports, donc très jeune. Et il y a des échanges qui ont commencé plus soutenus alors qu'il avait 15 ans.
Et à la suite de ces échanges, il a obtenu un poste. Mais là aussi, il y a des vidéos qui sortent de lui et Philippe Schofield en train de manger au restaurant tête à tête. Donc, ce qui plane et ce que les gens disent sans oser le dire ou ne disent pas mais laissent planer, c'est quelque chose de beaucoup plus sordide.
[00:30:40] Speaker B: Oui, évidemment. On peut dire ça. C'est une hypothèse. On peut dire si les journalistes s'en donnent à cœur joie autant, les autres, c'est qu'ils savent qu'il y a plus et qu'ils sont immunisés contre mal paraître. Ils seraient révélés qu'ils ont eu une idylle il y a quelques semaines. Il n'y a pas d'histoire avant.
[00:30:57] Speaker A: Et qu'on suit en diffamation aussi.
[00:30:59] Speaker B: Oui, c'est ça.
[00:31:00] Speaker A: Ce qui est sérieux.
[00:31:02] Speaker B: En même temps, est-ce que c'est aussi possible que juste du fait que c'est quelqu'un de très jeune avec quelqu'un qui avait donc 61 ans qui...
qui peuvent s'en permettre et qui s'en donnent à cœur joie parce que c'est quand même aussi... Il y a beaucoup d'argent qui est impliqué là-dedans. C'est des contrats de millions et de millions et de millions. Quand il y a quelqu'un qui est éjecté, ça prend quelqu'un pour le remplacer, qui va attraper le gros lot. Philippe Schofield est associé à ITV. ITV est écorché par tout ça.
Si ITV chute, puis c'est la station Rivale qui devient la station du monde, la station de la vérité, c'est la publicité qui suit, puis c'est des millions de dollars. Fait qu'il y a tout ça en toile de fond aussi qui joue. Mais effectivement, t'as raison, c'était ma réaction aussi, le fait que tout le monde s'en permette autant en connaissant la victime.
[00:31:56] Speaker A: Tant à indiquer... Qu'ils savent quelque chose qu'ils ne peuvent pas tout à fait encore dire.
[00:32:00] Speaker B: Oui, exact.
[00:32:27] Speaker A: De ce que je connais, de ce que j'ai appris de la télévision britannique, il y a quelques chaînes qui sont en concurrence, la BBC, ITV, The Sun, GB News, Talk TV, entre autres. Il y a aussi les journaux britanniques, le Daily Mail en particulier.
Le Télégraphe, The Guardian, tout ce petit monde-là est en ébullition. Là, la cocotte a à peu près sauté. On parle énormément, énormément, énormément de l'affaire Philips Schofield.
de toutes sortes de façons, puis dans toutes les coutures, la question qui n'est pas nommée, ou qui est nommée, mais où tout le monde s'arrête. C'est comme la ligne de départ pour la prochaine révélation, je pense. Tout le monde est comme en train de s'énerver à la ligne de départ.
La question c'est, certains se demandent s'il peut y avoir eu du grooming. Donc si, malgré que ce jeune homme là, ce jeune homme très troublé, face à qui on a un devoir de soin, pour reprendre ton idée des signifiants. Donc, ce jeune homme très troublé, face à qui on a des devoirs de soins, n'a pas voulu parler. On doit préserver son anonymat par respect pour lui. Mais il avait beau être, un jeune adulte au moment du début avoué des rapports sexuels qu'il a eus avec Philippe Schofield qui était de 40 ans et plus son aîné et qui était son supérieur et qui était celui qui lui avait trouvé un emploi. Donc il avait beau être un jeune adulte, la relation entre eux ayant commencé quand il était jeune adolescent Il y a-t-il d'autres anguilles sous les roches? Mais là, on va s'arrêter. Là, on fait très attention. T'as l'impression que c'est ça.
[00:34:40] Speaker B: Parce que comme tu disais tantôt, la diffamation peut aussi éroder.
[00:34:44] Speaker A: Oui, puis c'est terrible de toute façon d'accuser d'un crime aussi horrible quelqu'un sans preuve, de l'alléguer ou de le laisser flotter dans l'air. Mais s'il s'avère qu'il y a plus, ils sont tous prêts à partir.
[00:35:02] Speaker B: Ah oui, ils sont vraiment tous prêts à partir. Puis on voit dans les réactions aussi, puis selon ce qu'on connaît d'eux ou les personnalités de chacun, c'est que les personnalités de chacun aussi se révèlent. Il y en a qui en profitent en essayant d'apparaître plus compréhensifs et vertueux que jamais. Alors là, il y a des gens qui habituellement apparaissent comme...
C'est vraiment assez froid. Puis pour reprendre ce vocable-là, il parle de duty of care, le devoir de prendre soin de ce jeune.
Là, il dit qu'il répète ça. Peut-être que tout le monde répète ça. Comme ça, c'est accepté. Il y a un duty of care. Donc, nécessairement, il y a de quoi prendre soin.
Ce qui est sous-entendu, c'est que la personne ne va pas bien. On ne le sait pas, mais on le sait juste par la réaction. On ne l'a pas entendu, mais ça fait planer ça. Ça fait que ça a le double mouvement. Pareil, c'est sûr que si moi j'arrive et je dis « we have a real duty of care », mais en même temps, je m'élève dans la vertu et je laisse planer que mon adversaire n'est vraiment pas vertueux parce qu'il a magané l'autre.
sans rien dire. En tout cas pareil. Tout le monde répète ça avec plus ou moins d'une façon solennelle.
[00:36:19] Speaker A: Oui. Ce qui est arrivé aussi c'est que très peu de temps après la démission de Philip Schofield, son ancien collègue Eamon Holmes, donc l'époux de Ruth Lansford qui avait porté plainte en 2019, les deux ayant tous deux perdu leur poste à l'émission This Morning, est allé accorder une entrevue de fond, une longue entrevue à Dan Wooten, dont il est maintenant collègue sur le poste JB News, qui est concurrent de ITV. Dans cette longue entrevue-là, il relate les événements tels qu'il les a vécus, mais là, il casse du sucre sur le dos de son ancien collègue, Philip Schofield. Il l'appelle « the chief narcissist ». Il se moque de lui. Il raconte comment l'ambiance au travail était...
affreuse, comment il n'avait aucun respect jamais pour aucun des collaborateurs. Il ne parlait pas aux techniciens de scène, il ne parlait pas aux producteurs, aux gens autour de lui. Il pouvait être très froid, ignorer les invités jusqu'à ce que la caméra s'allume, du point de vue d'Iman Holmes.
Ce qu'on dit, Eamon Holmes, et donc un autre animateur télé qui est très respecté en Grande-Bretagne, ce qu'on dit, dans ce que j'ai entendu, ce qu'on dit, c'est comme si là, il donnait l'autorisation.
aux autres de parler.
[00:38:06] Speaker B: Et c'est parti.
[00:38:09] Speaker A: C'est parti. J'ai été humiliée par Schofield, il a été bête avec moi, j'ai perdu ma job à cause de lui. Il y a un médecin qui a perdu sa job, un médecin qui faisait partie de l'émission qui a perdu sa job, qui a dit moi j'ai été...
m'exprimer auprès du management, auprès des supérieurs, au sujet de l'ambiance toxique à l'intérieur de cette émission-là. Lui aussi avait été renvoyé. Donc là, là, ça déboule. Ça fait longtemps.
que beaucoup de gens attendent la chute de Philippe Schofield si on en croit les réactions.
[00:38:45] Speaker B: Oui, bien c'est pour ça que là, non seulement même dans les réactions, des fois, ce qui s'est passé avec le John Runner est mis de côté, et il y a quelque chose de beaucoup plus large qui est discuté, c'est-à-dire juste la toxicité de l'émission, le faux self, la façade, comment en fait il présente une belle image, mais ce n'est que du mensonge et ce n'est pas du tout ça la réalité. Et donc là, les gens s'en donnent à cœur joie d'aller un tour de roue plus largement dans la critique.
[00:39:16] Speaker A: J'ai été humiliée par lui lors de cette entrevue-là. Plusieurs personnes qui disent ça. J'ai été humiliée par lui publiquement. J'étais...
fragile et suicidaire après une émission avec lui. Il a accusé tel ministre James Cameron d'avoir dans son parti, d'abrier dans son parti des pédophiles dont Schofield aurait trouvé la liste en googlant sur internet. Une liste qui est apparue, dont les noms sont apparus. D'ailleurs, il y a eu une poursuite, tu le savais.
quelqu'un dont le nom apparaissait sur la liste qu'on a vu à l'écran, ce qui a eu des conséquences très sérieuses sur lui. Il l'a poursuivi en diffamation et a remporté son procès. Donc, Philippe Schofield l'a fait, ça, lui.
D'accuser des gens de pédophilie sans preuve.
[00:40:13] Speaker B: – Et à sa défense, par contre, c'est que c'est vrai qu'à partir du moment où c'est open season sur quelqu'un qui a été un personnage public, qui a eu une émission pendant des années, des décennies, des décennies, là, on ressort toutes les mauvaises entrevues. Tout est permis. Là, il y a du stock. On n'en peut plus finir parce que c'est vrai que... En plus, c'est souvent des human interest stories. Fait que quelqu'un vient raconter son histoire, C'est gentil comme émission, mais parfois pareil, il y a des questions pour explorer un peu plus, pour aller plus loin, il y a des froncements de sourcils. La personne peut toujours dire j'ai été mal accueilli, on m'a forcé à dire un truc, j'ai pas aimé ça. On a profité de moi en fait, il y a ça aussi.
C'est toujours proche de ça. Tu vas dans une émission témoigner de ton histoire. On te fait parler un peu plus que tu voulais. Après ça, tu veux revenir, on ne t'invite plus. Ça fait que là, ce n'est pas loin de dire, finalement, quand on a besoin de moi...
Je suis vite rejeté, je suis vite.
[00:41:18] Speaker A: Mis de côté quand je ne suis plus intéressant. Oui, oui, mais tu as aussi joué sur la limite avec certains invités qui décident en tandem avec Rodé. C'est ça, il y a l'idée du tandem, puis il y a l'idée du regard public qui soutient les questions, les entrevues, tout ça, qui compte. Mais quand la limite...
Un des intervieweurs se tient sur la limite entre des questions pointues ou des questions investigatives, sérieuses, bousculées un peu des invités.
et attaquer la personnalité de la personne, gêner la personne, humilier la personne. Des fois, la limite est très ténue et il y a plusieurs personnes qui témoignent du fait qu'elle a été franchie en ce qui les concerne de leur point de vue.
au vu de leur réaction aux questions qui leur étaient posées. Il dit à une jeune femme, bon, mais tout le monde se demande pourquoi ton discours, pourquoi tu parles, pourquoi tu as la bouche pâteuse comme ça? Est-ce que... Tu sais, des gens se demandent, est-ce que tu vas bien? C'est pas normal de parler comme ça. Il faut que tu t'en rendes compte. Il dit ça à une jeune femme.
troublée, qui témoigne de l'impact sur elle de cette entrevue-là, où elle s'est sentie extrêmement humiliée. Il y a Lady Colin Campbell, qui avait écrit un livre sur Meghan Markle et le prince Harry.
qui a été reçue en entrevue et tout de suite, tout de suite, en partant, ce monsieur est méprisant avec elle. « You're just a gossip. Qu'est-ce que vous en savez? Tout ce qui vous intéresse, c'est la petite vie de ces personnes. » Ah oui, c'était brutal comme entrevue. Il lui laissait pas le temps de parler. Fait que quand on dit, ben oui, mais c'est sa job de poser des questions difficiles. Peut-être, mais jusqu'à quel point est-ce qu'on parle de questions difficiles et pas de dénigrement en ondes?
[00:43:30] Speaker B: Puis c'est quoi la ligne idéologique aussi? Est-ce qu'il y a des gens que tu ne peux pas critiquer, Megan Markle, parce que pour différentes raisons? Oui, tout à fait.
[00:43:40] Speaker A: Puis est-ce qu'il y a des invités que, pour différentes raisons, d'emblée, on considère que tout le monde devrait mépriser aussi?
[00:43:46] Speaker B: Oui, oui, tout à fait. Oui, oui, tout à fait. Les gens qui ne sont pas dans la bonne gang. Donc là, tu as la réaction de plein, plein de gens.
Ça en donne un cœur joie. Ce n'est pas fini. L'histoire est en cours, entre autres parce que la co-animatrice doit revenir dans deux jours lundi. Elle doit reprendre son rôle. Fait que là, avant d'arriver en Onde, elle va dire quoi? Est-ce qu'elle va revenir en Onde? Est-ce qu'elle va reprendre d'autres temps pour penser à son affaire?
[00:44:11] Speaker A: Parce que elle, ce qu'on lui reproche, c'est d'avoir au mieux été complice par omission. C'est-à-dire, on ne pense pas qu'elle peut n'avoir rien vu de ce qui se passait. C'est le...
[00:44:31] Speaker B: En tout cas.
[00:44:32] Speaker A: Donc, elle, sa carrière est en jeu.
[00:44:36] Speaker B: Pour l'instant, Philippe Schofield blâme personne d'autre que lui. Donc, il tire personne avec lui vers le bas.
Et bon, on peut peut-être parler bientôt non seulement des réactions de tout le milieu, mais de lui qui, donc, ne se cache pas, mais fait des entrevues où il explique son positionnement. Et juste avant peut-être qu'on parle de ce qu'il dit, ce que ça a donné, en tout cas, ces entrevues, c'est que là, il y a certaines personnes qui commencent à dire, peut-être parce qu'ils pensent qu'il va se réhabiliter et qu'il va revenir.
Il y a certaines personnes qui commencent à dire, Non, le duty of care, c'est aussi envers lui. C'est très dur ce qu'il vit. Je pense qu'on devrait tous prendre un peu de recul et un grand respire et être empathique envers sa détresse. Fait que là, il y a des gens qui commencent aussi à dire bon, mais là, autant il y a eu des vautours qui sont garachés là-dessus, autant aussi, il faut faire attention. Fait que comment ça va se jouer, tout ça, on va voir. Mais donc, il a fait deux entrevues.
Donc dans deux endroits très différents, le SON et la BBC. Le SON qu'on pourrait dire serait plus populaire, la BBC qui serait plus l'institution gouvernementale.
[00:45:54] Speaker A: Oui, respectée, respectable de par le monde.
[00:45:56] Speaker B: Son ancien employeur, donc qui a commencé à la BBC.
[00:46:01] Speaker A: C'est deux entrevues quand même relativement différentes, tant par le look que par le propos en fait, même s'il tient les mêmes propos essentiellement, il y a comme quelque chose dans le ton qui est différent.
[00:46:12] Speaker B: Oui, la BBC est plus formelle.
[00:46:15] Speaker A: Oui, mais en même temps plus intimiste, c'est-à-dire qu'il...
Ça ressemble, dans le look, dans l'habillement et dans la façon dont les questions et les réponses se donnent, au setting d'un cabinet de psychologue. Alors que l'entrevue au SON, où il est quand même plus combatif, ressemble à une entrevue, éclairage compris, qu'on tient dans le people avec une vedette.
[00:46:50] Speaker B: Ah oui, t'as trouvé, hein?
[00:46:51] Speaker A: T'as pas trouvé, non?
[00:46:52] Speaker B: On a juste vu les extraits, on n'a pas vu les entrevues complètes. Elles ne sont pas encore libérées. Mais moi, je trouvais que la entrevue du Sun, j'avais plus l'impression qu'on captait quelqu'un, que les caméras se présentaient chez eux et qu'on le captait un peu à bruit le peu point parce qu'on le voit en train de vapoter. Je trouve qu'il est plus relâché.
Puis on voit pas l'intervieweur. Puis on dirait que l'intervieweur est plus haut que lui. C'est un drôle de setting. Tandis que BBC, comme tu dis, c'est un peu plus formel. On voit l'intervieweur, ils sont assis autour. Il y a une table qui est sépare. On comprend plus où ils sont installés. Mais c'est vrai qu'il est un peu plus combatif dans l'entrevue du son.
[00:47:33] Speaker A: Parce qu'il y a plusieurs lignes, en fait, de défense, il y a plusieurs niveaux dans ce qu'il dit. Il reconnaît absolument que c'était inapproprié, c'est terrible et il est complètement désolé, etc. Là, on parle à une personne dont la carrière est vraiment...
en morceaux, en miettes, une carrière de 40 ans. Mais il dit, c'est la seule fois en 40 ans où j'ai fait quelque chose, en 41 ans que j'ai... Tu sais, en voulant dire, je suis quand même irréprochable en général. Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée pour tous ceux qui ont été blessés. Mais en même temps, si j'avais été...
et que ça avait été avec une jeune femme. Il n'y a personne qui parlerait de ça. Mais quand même, je suis complètement démolie. Je ne mange plus. Je bois du Southern Comfort.
Oui.
Je ne me nourris que de Southern Comfort. Non, The Sun, ça c'est... Mais j'ai surtout un grave et sérieux souci pour la personne en question, donc le jeune homme en question. Lui ne veut pas parler. Il veut qu'on le laisse tranquille, je vous le dis. Je le sais, moi je le sais que lui ne veut pas parler. Et en plus de ça, une chance que j'ai mes filles parce que je suis suicidaire.
Ma carrière est finie. Tu sais?
[00:49:01] Speaker B: Oui, mais donc, comme tu dis ça... Excuse-moi.
[00:49:05] Speaker A: Mais ça, je dis ça sur le ton, comment je l'ai entendu, le ton du son. Sur le ton, dans l'entrevue de la BBC, c'est... des soupirs, c'est difficile. Une chance que mes filles étaient là parce que je ne serais pas là aujourd'hui. Elles me disent...
Je comprends comment il en réfère à une présentatrice télé qui s'est suicidée en 2020. En disant, je comprends comment elle s'est sentie. Heureusement que mes filles sont là pour m'empêcher. Ma carrière est finie et c'est pas grave pour moi, mais je veux que les journalistes laissent en paix le jeune homme. Tu sais, je veux le protéger. Attaquez-moi si vous voulez, mais ne m'attaquez pas.
[00:49:57] Speaker B: Excuse-moi... Mais ne m'attaquez pas.
[00:49:59] Speaker A: Oui, mais ne m'attaquez pas moi non plus parce que je suis suicidaire. Tu sais, il y a comme un...
Je pense que mon jupon dépasse dans ma façon d'écrire ça. Tu pourras me remettre à ma place s'il y a lieu. Mais j'ai trouvé les deux entrevues...
Je les ai abordés avec beaucoup de suspicion.
J'ai trouvé que c'était mis en scène comme sa sortie de placard, que c'était travaillé, que c'était des entrevues de quelqu'un qui est un expert de la télé.
Je ne l'ai pas senti.
[00:50:44] Speaker B: Vas-y, excuse-moi.
C'est pour ça qu'on en parle, hein? C'est pas simple. Parce que, d'un côté, moi, j'ai toujours... Moi, je suis assez cynique, là. Puis c'est facile pour moi de l'écouter puis de prendre ton point de vue puis de dire, c'est quoi ces lignes de défense? C'est juste du positionnement. C'est juste staging. Il y a rien qui est... C'est pas senti, là. Puis ça peut pas l'être. C'est même pas de sa faute. C'est peut-être une bonne personne dans la vie, mais il est pris dans un personnage public. Je veux dire, tout est filmé. Tout ce qu'il dit est décortiqué. Fait que, nécessairement, tu penses à ce que tu vas dire quand tu sais que tout le monde va passer des.
[00:51:17] Speaker A: Heures Oui, puis en même temps, il n'y a rien qui t'oblige à aller accorder des entrevues aussitôt ou après les événements. Personne ne t'a tordu le bras, là.
[00:51:25] Speaker B: Exact. Mais donc, tu sais, moi, je suis d'accord avec ça, de prendre ce point de vue-là. En même temps, des fois, je me dis, mais... Puis il y a du monde qui joue là-dessus, tu sais, comment...
lire, faire une lecture aussi cynique de l'affaire. Parce que, donc, là, il y a des gens qui arrivent, comme tu disais, en disant, bien là, si t'arrivais à une animatrice, il y a quelques années, Caroline Flack, Sa mère dit là, avez-vous rien appris de ce qui s'est passé? Je veux dire, ma fille s'est suicidée à cause d'un scandale comme ça. Tout le monde s'est acharné sur elle. Quand elle essayait de s'expliquer, tout le monde décortiquait ce qu'elle disait avec différents points de vue, tout intello, cynique. Laissez-lui la place. Fait que là, c'est là des fois que t'entends ça et que les gens disent ouais, ok.
laissons-le tranquille. Mais en même temps, comme tu dis, il prend... C'est lui qui veut faire les entrevues. Fait que c'est pas simple, le positionnement, mais effectivement, tu l'as dit, dans ce qu'il dit, je pense que la réaction qu'il veut susciter, c'est de quasiment m'en aller dire, mais écoute, qu'est-ce qu'on lui reproche?
[00:52:38] Speaker A: Oui, oui, mais c'est ça. Oui, exactement. Exactement.
[00:52:43] Speaker B: C'est vrai, mais on est-tu de quoi quand il est proche, Coudon? Parce qu'il va dire ben... Parce qu'il dit en même temps quelque chose de son contraire. Il va dire j'ai fait quelque chose d'inexcusable, je pourrai jamais me pardonner, je suis sur le bord d'en finir avec mes...
c'est la pire chose qu'on ne peut pas imaginer. Puis après il dit, mais par contre, que ce soit bien clair, c'était consensuel, c'était adulte, c'était légal, on était d'accord, je n'ai jamais abusé de pouvoir. Maintenant finalement, c'est quoi qui est si pire?
[00:53:15] Speaker A: Puis après, je regrette pour lui, le jeune homme. Je suis tellement désolée d'avoir fait ça. Je m'excuse tellement auprès de lui. Mais en même temps, j'ai rien fait. C'est pas que j'ai rien fait, mais...
[00:53:29] Speaker B: Il va dire aussi, je m'excuse du secret. On revient à l'histoire du secret. Je m'excuse d'avoir menti. I let down everyone. Mais en même temps, il dit...
Tu sais, oui, mais... il posait ça d'une façon où, en même temps, c'était ma vie privée.
[00:53:49] Speaker A: Puis si on m'en veut, il y a des relents d'homophobie, en fait, derrière ça.
[00:53:52] Speaker B: Oui, ou il y a des gens jaloux, parce que là, il va dire aussi, en passant, les plus vocales à critiquer l'émission, puis moi, bien, c'est le monde qui, avant...
[00:54:02] Speaker A: C'est des envieux.
[00:54:02] Speaker B: ... était le plus frustré et le plus envieux. Les gens sympathiques se rallient à moi, puis voient bien qu'on avait une belle famille puis une belle émission.
[00:54:11] Speaker A: Il y avait rien de toxique.
[00:54:12] Speaker B: Il y avait rien de toxique. Il le dit aussi. Les grandes gueules, c'est du monde qui était frustré avant et qui le sont maintenant. Beaucoup de monde disent beaucoup de choses, mais fiez-vous pas à ça. Il lance ses messages.
Il répond. Et donc...
Comment ça va se déployer par la suite? Est-ce que les gens vont commencer à dire qu'il y en a assez subi et qu'il faut prendre soin de lui aussi? Est-ce que, selon ce que la victime révèle, on va changer de camp?
[00:54:44] Speaker A: Il y a une réaction que j'ai trouvée vraiment intéressante, d'un point de vue psychologique, c'est la réaction de la tablée de gens réunis hier matin à l'émission «This Morning» pour parler des deux entrevues de Philip Schofield. Oui, oui.
[00:55:01] Speaker B: Oui, oui, je l'ai vu tantôt. Ça gagne, on peut dire ça.
[00:55:04] Speaker A: Ça gagne. Donc les deux animateurs qui leur ont place maintenant, depuis lundi, et deux invités, un de très longue date semble-t-il, un monsieur très respecté, sont assés autour d'une table et là, parlent de l'entrevue qu'il a donnée à la BBC. L'entrevue qu'il a donnée à la BBC n'a pas le même statut à ITV qu'une entrevue donnée au Sun.
[00:55:31] Speaker B: C'est « bright » on peut dire d'une façon cynique, d'avoir fait l'entrevue aux deux.
[00:55:35] Speaker A: Parce qu'il y a plein d'autres postes de télé où il aurait pu aller. Il a pris deux postes qui s'adressent à deux publics complètement différents et qui n'ont pas la même place et le même statut dans l'univers télévisuel britannique de ce que je peux comprendre. La réaction sur ce plateau-là, c'était très difficile à regarder. Ça donnait l'impression que les gens qui étaient là étaient en pleine dissonance cognitive. C'est que d'un côté, ils connaissent tous personnellement Philippe Schofield, ont travaillé avec lui.
l'appréciait ou au moins disent l'avoir apprécié. Certaines de ces personnes-là, on sent que c'est vraiment très sincère, leur appréciation est sincère.
D'autres, de circonstances peut-être, que je me dis hypothétiquement, Mais là, c'est comment tu réconcilies. C'est comme si ils n'arrivaient pas à ramasser du sujet.
[00:56:46] Speaker B: Oui, c'est ça. Toi, c'est bien dit. Entre autres, parce que le sujet, c'est... Là, on s'est assez attaqué à lui. Il n'a pas l'air à bien aller.
[00:56:57] Speaker A: C'est ça.
[00:56:57] Speaker B: Prenons-en soin. Et on ne parle vraiment plus de ce qui est arrivé. On parle juste de l'après-coup. Et c'est vrai que si tu parles juste de l'après-coup, puis tu te demandes si tu ne sais plus trop ce qui est arrivé, tu te dis ben là, Je veux dire, il y a une affaire qui s'est passée, mais c'était en disant qu'on s'entend, puis là, on s'acharne, on s'acharne.
[00:57:13] Speaker A: C'est vrai que... Et là, maintenant, c'est comme notre ami ou notre collègue est souffrant.
[00:57:18] Speaker B: Oui.
[00:57:19] Speaker A: De ce qu'on a vu à la BBC.
[00:57:21] Speaker B: Duty of care.
[00:57:22] Speaker A: C'est ça. Donc là, t'as une personne parmi les quatre qui est critique et qui dit, bien, effectivement, il y a quelque chose de très inapproprié qui s'est passé en milieu de travail, et je pense qu'effectivement, c'est important que ce soit sanctionné.
Et après l'intervention de la co-animatrice qui, elle, est dans tous ses états et a de la difficulté à se composer parce qu'elle a à l'esprit ce qu'elle a entendu comme étant une immense détresse durant l'entrevue de la BBC de la veille. Elle en est affectée. Vous entendre que quelqu'un a des idées suicidaires, c'est très, très, très, très troublant.
Elle en est affectée, elle a de la peine et prend la parole pour exprimer comment elle se sent conflictualisée, parce que c'est «conflicted» en anglais, ou tiraillée.
la personne qui parlait de sanctions nécessaires parce que c'était grave, a ajusté son discours pour dire effectivement, on a un devoir de soin, encore ce mot, pour tous les partis impliqués, y compris pour Philippe.
C'est pas parce que quelqu'un pose des gestes répréhensibles que la personne en entier est répréhensible. On a effectivement un devoir de soin. Et l'autre intervenant qui dit, oui, il y a un grand philosophe une fois ou je ne sais trop qui a dit, il y a trois règles du bien-vivre. Soyez gentil, soyez gentil, soyez gentil, kind, soyez généreux, be kind.
C'est vraiment fascinant.
Celui qui n'a jamais pêché, qui lance la première pierre.
[00:59:04] Speaker B: Oui, c'est ça. Ça c'est fort. C'est parce qu'il y a une personne qui dit ça, justement. C'est très fort, ça. Parce que la personne dit, émotivement, ton voix, elle dit exactement ça. C'est celui ou celle qui n'a jamais pêché qui jette la première pierre. Puis là, tu t'écoutes ça, puis tu penses à ça. Puis c'est vrai que tu as la réaction de dire, OK.
Effectivement, on a tous commis des péchés. Oui. Mais tout ça va dans le sens de dire arrêtons de commenter négativement ce qui est arrivé. Oui. Et passons à autre chose en fait, dans un sens.
[00:59:40] Speaker A: Oui. Et là donc tu as une réaction à la réaction des gens qui regardent ça sur un autre poste de télé qui est Talk TV et qui disent mais c'est des gens qui sont délirants.
C'est des gens qui ont perdu la tête, qui ne voient même plus la toxicité dans leur propre émission, dans leur propre poste de télé, dans leur propre milieu. C'est des gens qui sont complètement déconnectés. Et d'abord qu'ils arrêtent de parler d'eux comme d'une famille. Ils ne sont pas une famille.
Là, tu as la réaction viscérale absolument opposée.
[01:00:31] Speaker B: Oui, oui, de dire tout le monde savait qu'il y avait quoi, qu'il n'y avait pas d'allure qui se passait. Arrêtons de nous faire... Il faut le reconnaître.
[01:00:39] Speaker A: Oui. Mais pourquoi vous nous donnez le spectacle de votre...
[01:00:45] Speaker B: Malaise.
[01:00:45] Speaker A: De votre malaise soi-disant familial? Il y a quelque chose qui ne marche pas. Vous êtes déconnecté, en fait.
[01:00:54] Speaker B: Ouais.
[01:00:55] Speaker A: Ce qui me fascine beaucoup dans cette histoire-là, c'est ce contraste-là, justement, entre l'image léchée de bonne petite famille, des cheveux bien coupés, la bonne co-animatrice un peu naïve, la belle entente entre les animateurs, l'inclusion, semble-t-il.
tout ce qui grouille en dessous et la réaction spontanée des gens de l'émission qui restent, c'est d'essayer de travailler à garder en vie cette illusion de famille.
[01:01:39] Speaker B: C'est ça, mais ça c'est compliqué par exemple parce que ceux qui restent protègent la famille, pour le dire vite. Ceux qui restent protègent la famille et disent de ceux qui sont partis « they're bitter ». Ils sont juste amers parce qu'ils sont faits rejeter de la famille et c'est pour ça qu'ils nous critiquent. Ce qui n'est pas toujours faux, parce que c'est arrivé dans le passé que ceux qui sont à l'extérieur et critiquent, une fois qu'ils se font réhabiliter dans la famille, changent leur discours. Ça arrive aussi, ça. Il y a comme tout un jeu de pouvoir pareil, À un moment donné, quand t'es une vedette dans un milieu comme ça, t'as pas 50, 100 postes de télévision, t'as pas tant de choix. Fait qu'à un moment donné, t'es plus dans la gang, tu critiques. Quand tu redeviens dans la gang, t'es moins critique. Il y a tout ce jeu-là aussi. Puis peut-être qu'on peut... Ça nous amène à parler de la télévision plus largement, des morning shows plus largement, de tout ce monde-là, qui est pas un monde nouveau, qui présente une image et selon la réaction qu'on a à cette image-là, selon la position qu'on a à cette image-là, on réagit différemment au scandale. En fait, c'est mon point de vue.
Alors une autre perspective de toute cette histoire-là, c'est de regarder en fait c'est quoi la télévision, c'est quoi l'image qu'on projette par la télévision dans cette catégorie-là qui est spécifique, à savoir le talk show et le talk show du matin. Alors, il y a vraiment des codes dans ces talk shows-là. Il y a des choses qu'on peut dire, qu'on doit dire, qui fait partie du tissu narratif.
[01:03:49] Speaker A: Ah oui, hein?
[01:03:49] Speaker B: Ah oui, complètement.
[01:03:51] Speaker A: C'est scripté?
[01:03:52] Speaker B: Mais c'est même pas que c'est scripté au sens où il y a quelqu'un qui te donne un script et que tu dois suivre. Je veux dire, c'est établi. Je veux dire, par exemple, tu sais, pendant des années et des années, des décennies, il y avait plusieurs talk shows le soir, donc des late-night talk shows, qui avaient toutes la même formule. L'animateur arrive, il fait son opening comedy bit, il y a quelques blagues, quelques considérations, il y a la personne debout dans le coin qui est son acolyte qui lit ses blagues, il y a un band, après ça, il va s'asseoir, après ça, il y a un sketch, après ça, il y a un invité, il y a une pause commerciale, tout.
[01:04:27] Speaker A: Le monde suit la même structure.
[01:04:29] Speaker B: C'est encore ça? C'est encore ça, mais là, ça tend à être modifié parce qu'il y a tellement d'offres.
que les gens vont pas nécessairement s'asseoir du début à la fin. Ils vont regarder des clips de certains bouts. Le fait de pouvoir présenter des clips sur YouTube puis d'attraper les émissions autrement défait la structure. Mais cette structure-là, elle a tenu.
pendant des décennies, puis il n'y a personne qui disait, il n'y avait pas comme un grand chef qui disait à tout le monde, tu dois suivre, c'était comme ça. Les sauts de l'après-midi, c'est de la même façon. Il y a plein de choses qui sont permises, mais il y a des choses qui ne sont pas permises. Dans les sauts de l'après-midi, par exemple, tu peux avoir des drames, tu peux avoir des pleurs, tu peux avoir de l'émotion, mais tu n'as jamais de nudité.
Jamais, jamais, jamais, jamais. Puis tu peux avoir des choses qui sont controversées dans le discours, mais tu verras pas les seins d'une femme, c'est interdit, c'est impossible. Mais c'est comme ça, t'as pas besoin de le dire, c'est comme acceptable.
[01:05:31] Speaker A: C'est évident.
[01:05:32] Speaker B: Et donc, un des tropes des shows de matin, c'est que...
Et c'est la même chose au UK qu'aux États-Unis. Aux États-Unis, en fait, l'équivalent de This Morning, c'est Regis et Kathy Lee.
[01:05:48] Speaker A: Ah oui!
[01:05:48] Speaker B: C'est la même chose.
[01:05:50] Speaker A: Ah oui! Je me rappelle de ça par Seinfeld. Oui, oui. Le coffee table book about coffee tables.
[01:05:57] Speaker B: C'est ça. Fait que tu as eu Regis Fieldwyn qui a été avec Kathy Lee pendant des années, des années. Puis après ça, elle a été avec Kelly Ripa.
Puis, donc, un des éléments de la structure narrative, c'est que souvent, il y a une espèce de flirt sympathique entre les animateurs.
[01:06:18] Speaker A: Qui sont toujours un homme et une femme.
[01:06:20] Speaker B: Oui.
[01:06:20] Speaker A: Tout le temps.
[01:06:21] Speaker B: Toujours.
Puis soit un flirt, soit... Parce que souvent, en fait, le flirt va être avec l'invité dans un sens, donc l'homme va flirter avec la femme invitée, la femme avec l'homme. Mais sinon, dans le banter entre les deux, c'est toujours à un certain niveau de taquinerie, de quelque chose de joyeux, de quelque chose de cute, de quelque chose de clin d'œil. Parce que c'est jamais... Il y a un ton qui n'est pas accepté, ça n'a pas besoin d'être dit, c'est jamais franchement...
malsain ou franchement baveux ou dégoûté. Il y a comme une espèce de ton qui fait partie de l'émission. Quand t'écoutes l'émission, tu veux entendre cette espèce de friendly banter-là. Ça peut être modifié selon la personnalité des animateurs, mais tu t'attends à quelque chose et c'est toujours cette interaction-là que tu trouves entre les deux. Mais là où je veux en venir avec ça, c'est que Ça fait partie donc de la facture des émissions du matin d'avoir un échange entre les animateurs comme ça, entre autres assez propret nécessairement en fait, qui fait que doit-on vraiment être surpris ou content ou se réjouir quand on apprend que dans la vraie vie backstage, c'est pas comme ça? Je veux dire, ça peut pas être comme ça. Je veux dire, ça fait pas de sens. Puis il y a eu beaucoup de shows qui ont été faits au fil des décennies où, entre autres, l'émission de la comédie qui est pour moi la meilleure comédie qui a jamais été faite, Larry Sanders, ça monte en même temps Un late night show en direct, tu vois l'émission et tu vois ce qui se passe backstage. Ça passe d'une scène à l'autre. Tu vois l'animateur derrière le rideau qui engueule du monde, qui ne veut pas aller sur scène, qui est tanné.
différentes émotions. Puis là, le rideau s'ouvre, puis il arrive... Il arrive, puis il fait son monologue, puis c'est comme d'habitude, puis tout est beau. Mais on sait que ça peut pas... Le personnage public et privé peut pas être parfaitement pareil dans une structure narrative. Ça fait pas de sens. Mais en même temps, comme on voit juste ce qu'on voit, Donc, pour en venir à notre thème d'aujourd'hui, Philip Schofield et Ali Willoughby, qui sont cute, qui sont sympathiques, qui sont souriants, qui sont friendly, qui en restent toujours à un degré joyeux de sexual in the window, c'est jamais vulgaire. Les gens ont l'impression, dans un sens qui est peut-être pas un bon reproche, que quand t'apprends des choses qui se sont passées en arrière scène, ce qui monte au public est donc un mensonge. Puis plus tu le crois, on dirait, plus t'es fâché du mensonge. Mais en même temps... Oui, tu t'en trahis. Oui, mais comment peut-il en être autrement? C'est aussi de la réflexion, tu sais. Je veux dire, comment ça peut être autrement?
[01:09:30] Speaker A: Ça soulève quand même plein de questions intéressantes que tu dis. Comment peut-il en être autrement compte tenu de la structure narrative obligatoire, habituelle, traditionnelle du morning show?
Donc il y a la structure traditionnelle du morning show, mais il y a ce qui entoure le morning show, comme tous les shows, comme la télévision en général, c'est le pouvoir que tu obtiens du seul fait d'entrer dans cette narration-là.
du pouvoir réel dans la vie réelle, pas juste dans l'imaginaire du spectateur, dans la vie réelle. Alors là, t'as autour de toi le maquilleur, l'habilleur, le décorateur, les techniciens de scène, les machins, les gens qui sont aux petits soins, les gens qui t'amènent des fruits, les gens qui t'amènent des serviettes pour tes petits yeux, pour que tu les reposes. Il y a toute cette cour-là qui s'organise autour de l'émission et les sommes d'argent qui sont déversées là parce que C'est une entreprise financière intéressante qui rapporte pour une compagnie de télévision. C'est la première question. La deuxième... Et donc qui permet... Tu sais quand on dit le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. C'est pas qu'une vue de l'esprit. Tu as des largesses du seul fait d'être un personnage dans une structure narrative.
T'as du succès parce que tu joues bien ton rôle, mais c'est totalement indépendant de ta personnalité. Et donc, même si on te présente ces émissions-là comme des émissions d'affaires publiques, on devrait tous les prendre comme des fictions au même titre qu'un soap opera, puisque c'est des personnages qui sont joués par des animateurs qui, en fait, sont des sortes d'acteurs. Il ne peut pas en être autrement.
[01:11:30] Speaker B: Mais en même temps, tu as raison, parce qu'en même temps, ça fait partie de la structure narrative de vendre le naturel de l'affaire. Je veux dire, ils ne vendent pas une fiction.
[01:11:44] Speaker A: C'est ça.
[01:11:44] Speaker B: Ce que tu mets en vente, ce que tu mets en avance, c'est deux personnes qui s'entendent bien dans la vraie vie, puis c'est toujours ça qu'ils répètent.
[01:11:53] Speaker A: Oui, on est amis, je peux m'appuyer sur elle, on part en voyage ensemble pendant nos vacances, ainsi de suite.
[01:12:00] Speaker B: Mais le mensonge est inclus dans la structure.
[01:12:04] Speaker A: Et les PR, est-ce que tu sors comme nouvelles pour les tabloïds? Ce dont tu nourris les tabloïds, c'est fini le temps où les tabloïds étaient indépendants?
trouvait des informations en fouillant l'information, tu comprends, pour nourrir un public avide de sensationnalistes sur leurs vedettes préférées. Maintenant, c'est comme des extensions des boîtes de relations publiques de toutes les vedettes qui cherchent à se faire mousser auprès de différents publics.
Ça fait que tu peux publier, faire publier dans un journal apotin comment t'étais en vacances, toi, Philippe Schofield, avec Holly, C'est pas un problème. Ça nourrit la valeur de ton authenticité, c'est-à-dire l'image de ton authenticité dans ton émission. Ça m'achale comment tout est fake.
[01:13:02] Speaker B: C'est ça, mais qu'est-ce que tu penses de l'exemple suivant?
[01:13:03] Speaker A: Il conclut ce qui n'est pas censé l'être.
[01:13:05] Speaker B: Oui, oui, c'est ça. Oui, exact.
Donne ta raison. Mais comme qu'est-ce que tu penses de cet exemple-là, par exemple? Ça peut être cool, là. Puis, pour le nommer, il y avait... Parce qu'une late-night show ou morning show, c'est des talk shows, c'est un peu pareil, là, mais David Letterman, qui a animé pendant des années un late-night show, avait lui... Ça faisait partie de son personnage.
Mais son personnage était basé sur ce qu'on pensait être un vrai trait de sa personnalité. Ça fait que c'était crédible. Ça fait partie aussi des tropes des late-night shows. Tout le temps, tout le temps, les animateurs, c'est des comiques. C'est des comédiens de stand-up comiques. Souvent, ils ne sont pas particulièrement beaux. David Letterman, c'était pas une belle art. Souvent, ils sont cyniques. Ils ont de l'humour.
leur porte d'entrée, c'est l'humour, c'est pas le look, disons. Et donc, ça fait partie de la structure de l'affaire que quand il y a des invités, des stars féminines, qui souvent, eux, paraissent bien, En tout cas, quand ils paraissent bien, la dynamique entre les deux, c'est que l'animateur est toujours un peu déblowné par la beauté de son invité. Fait que là, il y a comme une espèce d'échange ado, en fait, où l'animateur s'en peut plus de comment la fille est belle, Puis si l'invité flirte un peu, oh my God, il fait semblant d'avoir chaud, il s'en peut plus, il bumble and stumble. Puis ce qu'il dit, ce qu'il a répété toujours de soir après soir après soir, c'est oh my God, moi je suis juste un comique avec de l'humour, moi j'ai cette super belle fille-là qui flirte avec moi, regardez-moi, j'ai chaud, je sais pas quoi dire, je bégaye, on s'en va à la pause, tout le monde rit. C'est toujours ça la structure.
Puis à force de le voir, puis de l'entendre des mois et des années et des années, avec David Letterman, avec Conan O'Brien, tous les animateurs ont cette dynamique-là. À un moment donné, c'est accepté, c'est ça la structure.
À un moment donné, il y a eu un scandale, puis ça a été su que David Letterman, il y avait des aventures avec plein de gens dans son staff.
Eh bien, c'est sûr que ça a eu l'effet de briser un peu ce personnage-là, dans le sens que, c'était pas crédible au départ, mais en même temps, David Letterman, à 50 ans, n'était pas un ado qui, à chaque soir, devant une belle fille en robe de soir, s'en pouvait plus de bégayer, le moindre moment qu'il y avait un flirt.
jusqu'à temps que l'émission soit finie. Et il y avait une vie sexuelle correcte, il y avait plein de gens, il y avait une impulsion de pouvoir qui n'était pas dans cet ordre-là. Mais c'était ça qui était mis en place. Puis c'est ça qu'ils vendaient. Puis c'est ça qui est drôle. C'est très drôle. C'est bien rodé. La fille, elle arrive, elle fait un petit wink-wink. Lui, il s'en peut plus. Puis bon, la musique en arrière, boum, boum, boum. Fait qu'on pourrait dire à ce moment-là, puis c'est ce qu'on a fait, un peu comme dans le cas de Philip Schofield, bien, c'est juste du mensonge, là.
Maxime, là, je reviens à ce que je disais tantôt. Mais d'un autre côté, on pourrait dire, oui, bien, on est... Il faut vraiment être dupe de penser que c'était ça, la réalité.
[01:16:11] Speaker A: Là. Puis, d'une part, oui.
[01:16:14] Speaker B: Mais en même temps, ce que tu dis n'est pas faux, là.
[01:16:16] Speaker A: Mais aussi, d'autre part, c'est que... cette image-là de plus blanc que blanc, puis on est une belle famille et ainsi de suite...
Elle est fissurée par les actions ou ce qui est des révélations sur Philips Schofield. Il s'avère qu'ITV a des compétiteurs. Des compétiteurs qui ont tout intérêt à ce que leur émission phare dégringole dans les codes d'écoute et voir à ce que la compagnie au complet dégringole dans sa cote en bourse puis dans sa cote de respectabilité sociale. Parce qu'il s'agit d'une compagnie, ITV, que certains postes de télé accusent d'être woke, d'être une sorte de BBC, disons, d'un peu moindre niveau, mais...
dans les mêmes zoos, MSNBC style un peu. Et donc autour, il y a des gens qui comprennent qu'il ne faut jamais laisser une crise passer, c'est ça, être gaspillé.
qui ont tout intérêt à marteler cette histoire-là, à en faire quelque chose d'immensément scandaleux, à se montrer, eux, comme l'alternative beaucoup plus réelle, beaucoup plus vraie, beaucoup plus authentique, que toute cette fake-té-là, ce mensonge-là, d'une entreprise qui se prétend diversifiée, vertueuse, ouverte, duty of care, etc., et qui dans les coulisses laisse un homme potentiellement abusé de son personnel et peut-être même d'un jeune homme à peine entré dans l'âge adulte.
Et donc, tout le tapage médiatique qu'il y a autour du déclin de Philip Schofield, qui, de ce que je comprends, a le bras extrêmement long dans l'univers des médias. C'est comme une grande vedette. Il fait partie du... Il faisait partie jusqu'à récemment du Prince's Trust. C'est un de ceux qui ont interviewé... Un des rares qui ont interviewé le prince Charles à l'époque qu'il était prince. C'est pas rien. C'est pas un n'importe qui. Et donc, son échec, fait probablement en sorte que certaines personnes se frottent les mains. Juste dans la même verne, JB News a parti en campagne publicitaire...
Nous sommes la voix du peuple, nous sommes votre voix. J'ai joint JB News parce que les médias traditionnels ne me parlaient pas à moi, ne donnaient pas de place à des voix comme la mienne. Je suis contente d'avoir trouvé JB News parce que c'est ici qu'on est vrai, qu'on est sincère.
ils ont parti leur campagne dans la foulée, dans les derniers jours, là. Et ils frappent fort sur Philippe Schofield et ils ont tout intérêt à ce que le scandale continue.
[01:19:37] Speaker B: Ben oui, c'est ça.
[01:19:38] Speaker A: Ça fait qu'il y a ça aussi dans cet univers-là.
[01:19:41] Speaker B: Mais tu trouves-tu, il y a l'image, il y a l'image, il y a ce qui se passe en arrière, il y a la personnalité publique, la personnalité privée, l'écart entre les deux, puis il y a l'argent, puis il y a le pouvoir.
[01:19:53] Speaker A: Les parts de marché.
[01:19:54] Speaker B: Puis les parts de marché parce que...
Je veux dire, tu sais, nous, quand on fait le podcast, on a fait plusieurs, on ne se l'est pas dit, on n'a pas de personne qui nous dirige, on n'est pas à la merci d'une grande institution, mais dans le podcast, à part de très, très rares exceptions, on ne sacre pas. Il n'y a pas de sacrage.
[01:20:13] Speaker A: Non, maintenant que tu en parles, c'est vrai que ce n'est pas arrivé.
[01:20:15] Speaker B: Et pourtant, on parle comme on parle, on est assez naturel. Quelqu'un qui... Ça n'arrive pas. Quelqu'un qui nous... On deviendrait connu un peu.
Ça deviendrait notre marque de commerce, de nos échanges, puis comment on est sympathique, puis naturel. Moi, je cherche pas beaucoup, mais ça m'arrive. Puis qu'ils me rencontreraient, puis je chercherais, puis qu'ils diraient « Ah ben là, haha, ils sont vraiment phonés ». Mais ça ne pourrait pas arriver si on n'a pas de pouvoir, pas de notoriété et pas d'argent. On dirait que ça m'arrive des fois avec mes proches. Mais à partir du moment où il y a toute une équipe de marketing, d'images et d'histoires, et de pouvoir que tu te mets à abuser pour avoir des faveurs. C'est vrai que là, l'écart entre ce que tu présentes en ondes et ce que t'es a plus... Ça compte. Ça compte. Parce qu'il y a toute une infrastructure autour qui n'est pas le cas sinon. Mais donc, ça revient quand même à... Je ne vais pas essayer de faire de l'apologie de Philip Schofield, mais je peux comprendre...
I've got a duty of care.
Mais je peux comprendre des gens, à un moment donné, qui deviennent coincés dans cette structure-là. Mais je ne parle pas de Philippe Scott, nécessairement. Il y en a l'obstant qui est peut-être tout à fait défaut, si je ne le connais pas.
quelqu'un qui devient pris dans cette structure-là. Tu sais que t'arrives, t'as un personnage public qui se déploie, qui est pas si différent de qui tu es, mais il y a des choses que tu gardes pour toi. L'exemple des sacs, du sacrage, c'est pas mauvais. Puis là, ça devient plus gros, puis t'es connu, puis t'as une équipe.
Puis là, il faut faire attention à certaines choses. Puis t'as des contrats que tu veux pas perdre de peu. Puis là, t'es tout dans cet engrenage-là. Puis là, un moment donné, on te surprend à sacrer dans une soirée où t'as trop bu. Puis t'as toutes ces frites. Puis là, on te dit, bien, va release a statement. Tu sais, le moment donné, tu peux plus t'empêcher d'être pris dans une histoire, là.
[01:22:20] Speaker A: C'est... C'est... C'est peut-être vrai pour certaines personnes, tu sais.
qui se sentent prises, c'est peut-être moins vrai pour les personnes qui sont boss dans cette structure-là. C'est-à-dire qui sont boss au sens où ils n'en sont pas tant les sujets que les marionnettistes. C'est-à-dire selon ta place dans la hiérarchie d'une émission, t'es plus ou moins coincé. Selon ta personnalité probablement aussi.
Mais c'est que si quelqu'un à la tête d'une émission, à la barre d'une émission, abuse de son pouvoir, ce n'est pas la structure qui fait en sorte qu'il abuse de son pouvoir. Il y a un décalage peut-être entre son image publique et son image privée, dans l'idée que l'on ne lui pardonne pas de ne pas être conforme à ce qu'il prétend être depuis tout le temps. Ce serait ça le crime qu'il aurait commis?
[01:23:23] Speaker B: Oui, c'est ça. Oui, là, oui. Exact.
[01:23:26] Speaker A: Mais il y a peut-être un autre crime qui plane en dessous du crime qu'il reconnaît. C'est-à-dire, il ne reconnaît pas de crime. En dessous de ce qu'il reconnaît, il y a peut-être...
autre chose avec quoi il se débat qui n'a rien à voir avec la structure de l'émission et qui n'était rendu possible que par le fait qu'il était au sommet de la hiérarchie de cette émission-là, indépendamment de sa structure.
[01:23:54] Speaker B: C'est un très fort point.
[01:23:58] Speaker A: Parce que...
On ne peut pas savoir à l'avance les conséquences qu'il va subir. On ne peut pas savoir à l'avance ce qu'on ne sait pas. Il y a des choses qu'on va apprendre. Pourquoi c'est intéressant pour moi cette affaire-là, c'est aussi qu'il y a des choses qui résonnent.
avec d'autres sujets dont on a déjà parlé. Mais comme c'est en cours, c'est passionnant à suivre. Puis une des choses qui résonnent, c'est cette question-là du pouvoir que quelqu'un acquiert du fait de sa notoriété et du fait des gens qui le suivent, du fait du nombre.
Ça a une valeur que des gens te suivent. Moi, ça ne me rentre jamais dans la tête, ça, mais en tout cas, tu sais, si tu as 100 000 followers, tu as une valeur. Donc, ça a une valeur que tu sois une personnalité publique. Les gens réagissent à ça. De ce fait-là, tu peux utiliser ton image publique pour te cacher Pour faire des choses que tu ne peux faire que grâce au pouvoir que te donne le fait d'être une personnalité publique. Parce que tout un milieu, c'est comme la structure qui déborde, qui encadre la structure. T'as tout un milieu qui est au petit soin, qui se soumet volontairement.
à une personne parce qu'elle est une personnalité publique. Ça me sidère. Puis en tout cas, comme je voulais pas le passer sous silence. Puis c'est vrai que le pouvoir corrompt.
Il a le pouvoir absolu tant à corrompre, absolument. Ça fait que c'est difficile pour moi de penser que, oh, pauvre Philippe Schofield, comment il était dans une structure, puis vraiment on fait juste lui reprocher de ne pas être conforme à la réalité, parce que dans le fond, il n'a rien fait de mal.
[01:25:55] Speaker B: Oui, c'est ça. Puis ce n'est pas mon propos, parce que moi, dans toutes les objections ou les critiques qu'on peut lui faire, comme je te dis, celle qui est la moins importante pour moi, c'est celle qui dirait, donc qui s'éloigne complètement du geste qu'il a commis, c'est comme, c'est plus relié, c'est la critique qui dirait, ah bien finalement, il a l'air cute avec sa co-animatrice dans l'émission, mais dans la vraie vie backstage, des fois, il est bougon, puis il n'a pas de bon humeur, puis...
Oui, ça... Bon, c'est malheureux, mais bon. Ça me scotche pas trop, là. Mais là, après ça, c'est les degrés.
Que quelqu'un soit souriant en ondes puis bougon des fois dans sa vie personnelle, je peux le concevoir. Mais s'il est souriant, est cute, est parfait en ondes, mais un tyran avec les gens qui s'occupent de lui pour écraser tout le monde et garder son statut, bien là, c'est une autre affaire, c'est un autre degré.
C'est ces degrés-là aussi qui sont difficiles à définir des fois.
[01:26:50] Speaker A: Comme le sens du mot consensuel, prononcé par une seule des deux parties.
[01:26:57] Speaker B: Oui.
[01:26:59] Speaker A: Si cet homme-là qui a 40 ans de plus que le jeune runner te dit c'était consensuel et que le jeune runner ne dit rien, on n'a que sa parole à lui, qu'est-ce qu'il a dans sa tête qui lui permet d'affirmer que c'était consensuel pour l'autre?
Des fois, la reconnaissance des limites interpersonnelles, ce n'est pas quelque chose d'acquis pour tout le monde, disons. La compréhension de mouvements, de malaise ou de refus subtil ou de...
de gestes posés sous l'effet d'être starstruck, par exemple, ou sous l'emprise d'une emprise imaginaire quelconque, même si ce n'est pas sous la contrainte. Ce n'est pas nécessairement ce que ça veut dire, consensuel.
Oui, oui.
[01:27:57] Speaker B: Oui, oui, tout à fait.
Mais tu vois, on a chacun nos... Comme moi, où je me fixe tout le temps, je pense pas que toi t'es nécessairement dans cette perspective-là, mais moi des fois je me retrouve à déplorer ceux qui étaient originalement starstruck et qui, quand la personne chute, sont d'autant plus virulents.
comme en leur disant, mais là, pourquoi vous étiez si starstruck to begin with? À un moment donné, tu écoutes This Morning, tu écoutes Regis Enkathili, moi je le trouve super sympathique, Regis, je n'ai pas de trouble, mais en même temps, c'est sûr que si je te dis Regis, c'est un dieu sur terre, puis à un moment donné que tu apprends que dans la vie privée, c'est un bonhomme, Il fait sa vie, puis des fois, il a toutes sortes de défauts, comme tout le monde. Puis je deviens enragé parce que ça défait l'image que j'avais de lui. Il y a quelque chose aussi de dire, mais d'où ça venait, cette image-là? Puis c'est quand même présent, puis il l'encourage. Ça fait que je comprends.
Tu sais, des fois, il encourage.
ils projettent une image de perfection. Mais des fois, c'est vrai que ça m'énerve ceux qui disent « Ah, ils disaient être parfaits, on les croyait parfaits. » Mais comment ça t'es croyé parfait? C'était quand même juste un show de télé. Comment ça se fait donc? Fait que des fois, les médias, ils ont comme le beau jeu, je trouve, de mousser la perfection pour vendre du rêve, puis après ça, de mousser la déchéance pour vendre la déchéance, puis entre les deux, il n'y a jamais personne qui parle normalement. C'est ça un peu mon truc. Pour conclure, il y a non-obstance qui s'est passée avec le Runner.
En fait, c'est un prétexte pour certains, on a parlé des compétiteurs, pour parler non plus de cet événement-là du tout, de le mettre de côté complètement, mais de parler juste de l'image de l'émission et de l'hypocrisie inhérente à ce qui est la réalité par rapport à l'image qu'ils veulent mettre en place.
[01:29:57] Speaker A: Et à réclamer la tête de la direction. Qu'est-ce qu'il savait? Quand est-ce qu'il le savait? Est-ce qu'il y a eu une enquête? Pourquoi est-ce qu'il y a eu autant de privilèges accordés aux runners? Pourquoi est-ce qu'on a donné autant de pouvoir à Philip Schofield? Est-ce que vous avez comme caché un scandale?
[01:30:18] Speaker B: Puis trouves-tu souvent, parce que ça va avec plusieurs podcasts qu'on fait, Puis c'est souvent autour du même genre de transgression, quand même, ou en tout cas d'autres transgressions.
Il y a l'idée de moi qui, dans un sens, dit « Ouais, mais il y a comme la structure qui jamme les gens à l'intérieur, puis il faut les comprendre.
[01:30:38] Speaker A: » – Oui.
[01:30:39] Speaker B: – Puis juste jusqu'à un certain point. Puis toi qui dis « Ouais, mais la perversion, c'est de la perversion. Le narcissique est narcissique. C'est pas n'importe qui qui fait n'importe quoi. » – Oui, c'est vrai.
[01:30:47] Speaker A: – Et de ramener le pervers dans l'affaire. – Oui, c'est vrai.
[01:30:50] Speaker B: – C'est un peu toi qui dis « Bien là, quand même, Oui, t'as.
[01:30:53] Speaker A: Ton, comment on dit, ton libre arbitre, t'as ton libre arbitre.
[01:30:57] Speaker B: Oui, c'est ça. Ou, franchement, c'est quelqu'un qui a abusé de son pouvoir, disons.
[01:31:03] Speaker A: Oui.
[01:31:04] Speaker B: Dans une structure, peut-être, mais c'est pas grave.
[01:31:07] Speaker A: Oui.
[01:31:09] Speaker B: Mais bon, cela dit, c'est pour conclure pour vrai.
[01:31:13] Speaker A: OK.
[01:31:14] Speaker B: Je voulais mentionner quelque chose qui m'a rempli de joie, alors comme je ne suis pas assez rare que les choses me remplissent de joie, je veux le mentionner. Donc c'est toi qui cette semaine m'as dit, tu as entendu parler de l'affaire de Philippe Schofield, tu es intéressé. Moi je ne savais pas c'était quoi, j'ai commencé à regarder. J'ai googlé Philippe Schofield, puis là après ça, ça ne me manque pas. Mais très rapidement, le lendemain ou le surlendemain, Il m'est venu en tête un film à laquelle je n'avais pas pensé depuis des décennies, dont je ne me rappelais pas trop le titre, mais maintenant, par la magie de Google, j'ai pu le retrouver.
Et donc, j'ai mis l'histoire de côté pour écouter le film. C'est un film extraordinaire, c'est tout à fait à propos. Tout ce qu'on a parlé aujourd'hui et discuté et mis en scène dans le film, je ne sais pas si tu connais, ça s'appelle Parlez-nous d'amour. C'est un film qui a été fait en 1976 par Jean-Claude Lord et Michel Tremblay. Et c'est l'histoire d'un animateur de talk show Jacques Boulanger, qui dans ce temps-là était un animateur de talk show qui s'appelait Jacques Boulanger. Dans l'émission, il s'appelle Jeannot, et c'est l'histoire de l'animateur qui est un peu pris avec sa structure d'émission, où il y a des femmes qui viennent le voir et qui le trouvent beau, puis lui, il est cute. Puis là, quand il arrive backstage, il y en a sa claque de son show, mais en même temps, il ne peut pas s'en défaire.
Est-ce qu'il reste? Est-ce qu'il s'en va? C'est quoi le début de son personnage public avec sa vie privée? C'est un film tout à fait à propos. En fait, c'est la même chose.
Les mêmes genres de dilemmes, la relation encore, le personnage public, la vie privée, la relation avec le public, l'image qu'il doit montrer, mais à un moment donné, il ne peut plus s'en défaire, il ne veut plus être cute autant, mais il n'a pas le choix, c'est ça qu'on s'attend de lui, puis les autographes en ont pu finir. Mais là, il y a des relations avec certaines des gens du public, des relations intimes, mais les maris sont pas... Il est comme pris dans tout ça. Ça vaut la peine, parce que...
Parce que comme quoi des fois, les choses se répètent. C'est l'éternel retour du même.