La tragédie des Reiner

La tragédie des Reiner
Après-Coup
La tragédie des Reiner

Jan 31 2026 | 01:03:12

/
Episode 106 January 31, 2026 01:03:12

Show Notes

Depuis la mort tragique de Rob et Michele Reiner, le mystère autour de leur fils Nick ne cesse de s'épaissir. Du poids du destin à la structure du désir, de l'interface comédie-tragédie au maintien des apparences ou au dévoilement du vice, nous poursuivons l'étude de ce double parricide.

View Full Transcript

Episode Transcript

[00:00:00] Speaker A: Depuis la mort tragique de Rob et Michelle Reiner, le mystère autour de leur fils Nick ne cesse de s'épaissir. Du poids du destin à la structure du désir, de l'interface tragédie-comédie au maintien des apparences ou au dévoilement du fils, nous poursuivons l'étude de ce double parricide. Vous écoutez Après coup. Même s'il n'y a pas grand-chose de nouveau sur le dossier de Nick Reiner, dans les faits connus, il n'a toujours pas plaidé, il n'a pas déposé de plaidoyer. Il y a quand même énormément de choses nouvelles dans la discussion autour de Nick Reiner. Donc, jusqu'à maintenant, ce qu'on sait, c'est qu'il a commis un crime irréparable. Il a tué ses deux parents. On sait que son avocat d'origine s'est retiré du dossier après trois semaines. C'était un avocat très célèbre et très onéreux. On ne sait pas pourquoi il s'est retiré. C'est confidentiel, mais... Il semble qu'il était en train de préparer une défense de non-responsabilité criminelle pour cause d'aliénation mentale. C'est autour de ça que la discussion publique tournait, le diagnostic de Nick Reiner. Il n'y a rien de nouveau, mais il semble que là, la discussion se déplace tranquillement vers l'histoire connue de cette famille-là. Puis même si on ne peut pas à distance faire d'analyses qui seraient autre chose que sauvages, en fait, il y a quand même des sujets d'intérêt qui peuvent éclairer un paquet de choses dans cette histoire-là, qui est une histoire très, très hollywoodienne. En particulier, si tu me permets... Oui, vas-y. Je suis tombée... Donc, Carl Reiner est un célèbre acteur, réalisateur, producteur hollywoodien. Son fils, Rob Reiner, également, sinon plus. C'est une famille de la haute société hollywoodienne. Et il y a beaucoup de choses qui semblent tourner autour des relations père-fils dans cette famille-là et de la transmission. Fait qu'entre autres choses sur lesquelles je suis tombée récemment, c'est sur un épisode qui vaut la peine que j'en dise un petit peu quelque chose, qui est un épisode pilote. qui a précédé le Dick Van Dyke Show. C'est un épisode qui s'appelle Head of the Family, pilot, épisode zéro, saison zéro, qui met en scène un père, donc qui est Carl Reiner, qui est humoriste et qui a une émission tous les dimanches. qui est aux prises avec la colère de son fils, tout petit, qui a peut-être 6 ans, 7 ans, qui n'aime pas son père et qui ne veut pas de relation avec son père et dont on apprend qu'essentiellement il est fâché contre son père parce qu'il ne joue pas au baseball avec lui. Et c'est la mère qui intercède auprès du père pour essayer de rétablir la relation. Puis, finalement, l'épisode finit bien, puisque le fils se rend compte que le père a aussi un autre talent, qui est un talent d'écrire des poésies qui sont drôles pour les enfants de l'école, ce qui réhabilite le père aux yeux des enfants de l'école et donc, par ricochet, aux yeux de son fils, qui réaime son père à la fin. Pourquoi j'ai trouvé ça vraiment intéressant, c'est parce que dans sa tournée, pour promouvoir le film Being Charlie, Nick Reiner raconte exactement ça. [00:04:33] Speaker B: Ah oui, quand même. [00:04:36] Speaker A: Alors, est-ce que c'est lui ou est-ce que c'est pas lui? Est-ce que c'est tellement exactement ça que c'est difficile de ne pas voir le lien? Juste une seconde. [00:04:47] Speaker B: Si je comprends bien, mais peut-être que tu allais le dire, donc je ne t'interromps plus pour rien, mais tu as quand même le grand-père. de Nick Reiner fait un pilote pour une comédie qui va devenir une comédie qui a marqué les États-Unis, la Dick Van Dyke Show. Dans le pilote, c'est l'interaction père-fils autour de ce que tu viens de dire. [00:05:05] Speaker A: Pendant l'enfance du fils? [00:05:06] Speaker B: Pendant l'enfance du fils. Puis là, toi, tu dis que Nick Reiner, des décennies plus tard, quand il fait la tournée pour parler de son propre film, pardon, Being Charlie, il raconte aussi cette histoire-là, mais en lien avec son propre père. [00:05:21] Speaker A: Il la raconte comme étant la sienne. [00:05:23] Speaker B: Comme étant la sienne, c'est ça. [00:05:24] Speaker A: Il fait ce qu'il dit exactement, parce qu'il parle peu. Son père prend beaucoup de place dans toutes les entrevues pour la promotion de ce film-là. Mais ce qu'il dit, presque exactement, sur le site de mémoire, c'est, à propos de son père, on ne connectait pas vraiment quand j'étais petite. Mon père aime le baseball. Moi, j'aime le basketball. Mon père pouvait connecter, écouter le baseball avec mon frère. Donc, son frère est de deux ans et quelques, son aîné. Donc, très proche. [00:05:57] Speaker B: Puis, je me suis trompée la dernière fois. On disait qu'il y avait deux frères Nick Reiner. Donc, il y a un frère et une soeur. [00:06:04] Speaker A: Et donc, son frère, en fait, sa soeur aînée, aînée, c'est une demi-soeur née d'un autre mariage. Donc, elle est beaucoup plus vieille que les trois autres enfants. De ce mariage-là, entre Rob et Michelle, c'est un. Donc, de ce couple-là sont nés trois enfants. Le premier, Jake, deux ans et quatre mois. on y reviendra probablement, avant Nick, qui est le deuxième enfant, qui lui est né quatre ans avant la Benjamine qui est remise. Donc... ce que Nick raconte, c'est mon père connecté avec mon frère autour du baseball. [00:06:51] Speaker B: Autour du baseball, oui. [00:06:53] Speaker A: Qui est une passion qui a été transmise à Rob Reiner par son propre père. [00:06:58] Speaker B: Oui, quand même. [00:06:59] Speaker A: Et dont son propre père... Et au sujet de laquelle son propre père a écrit... Dans un pilote qui met en scène une relation entre lui et son fils. Alors donc Nick dit, il pouvait écouter le baseball avec mon frère, mais de faire ce film, ça nous a rapprochés. Je me suis rendu compte que mon père connaissait son métier, avait tout à m'apprendre, et bon là je cite de mémoire, c'est à peu près ça le contenu, avait tout à m'apprendre et moi j'allais apprendre de lui tout ce que je pouvais. C'est exactement l'histoire du pilote. [00:07:42] Speaker B: Oui, c'est ça. C'est fou, hein? C'est fou. Mais aussi, je fais une petite parenthèse sur quelque chose qui est peut-être déjà une parenthèse aux yeux de plusieurs, parce que ça reste anecdotique, puis on n'en sait rien pour vrai, dans le sens que peut-être ce qu'on fait, c'est on écoute du monde parler, puis on met en lien ce qu'ils disent selon nos propres associations, puis tout ça. Il n'y a pas une conclusion magique au bout de ça. [00:08:05] Speaker A: Non, c'est ça. [00:08:07] Speaker B: La parenthèse que je veux faire, c'est que tantôt on se parlait, avant de commencer le podcast, de comment on en revenait toujours à ça, nous deux, dans ce qu'on aime faire, dans ce qu'on fait, c'est d'écouter ce que les gens disent ou d'écouter, une variation sur le même thème, c'est d'écouter ce que les personnages créés par les gens disent. Parce que quand on crée quelque chose, on se projette. C'est nous qui parlons à travers des personnages ou ce qu'on a connu ou des gens qu'on a apprécié ou qu'on n'a pas apprécié. Il y a toujours des raisons. Et donc, parce que je fais un contraste frappant entre ce que tu disais au début, c'est tout sauf dire, ben, Nick est schizophrène, il est schizoaffectif. de trouver une formule qui viendrait encapsuler en fait qui il est et dire selon ce diagnostic maître, il est coupable ou pas coupable. C'est l'opposé de ça à la limite. Puis ça a des défauts cet opposé-là, c'est-à-dire que c'est beaucoup plus spéculatif, on peut dire que ça va dans tous les sens, qu'il n'y a pas nécessairement de conclusion. Mais bon, l'argument qu'on peut faire pour le Justifier, c'est dire que c'est ça la vie. Quand t'es un être parlant, tu parles, puis tu te répètes, puis tu parles, puis tu te répètes, puis tu te choques. [00:09:34] Speaker A: Puis t'es traversée par les mots des autres aussi. [00:09:37] Speaker B: Ben complètement. Oui, oui. Exact. [00:09:41] Speaker A: Parce que, en fait, pourquoi ça... Parce que, là, tu disais la dernière fois que ça t'a pas particulièrement intéressée d'emblée, cette histoire-là, puis que, bon, je te l'impose plus ou moins. [00:09:51] Speaker B: Complètement. Moi, c'est des sujets plus... d'actualité, plus joyeux. [00:09:57] Speaker A: Oui. Oui, t'es pas dans le glauque et dans le sordide. [00:10:02] Speaker B: Voilà. [00:10:03] Speaker A: Ça marche. [00:10:03] Speaker B: Je te chante la vie. [00:10:04] Speaker A: Oui. Pourquoi cette histoire-là m'a interpellée plus qu'une autre, je sais pas, mais je suis, comme tout le monde, traversée par des mots. Puis il y a des moments où ça accroche, puis d'autres moments où pas, où il y a quelque chose que je sens que j'aimerais savoir, que je sens que j'aimerais découvrir. Puis c'est au-delà de... le crime lui-même. [00:10:34] Speaker B: Ou le détail de comment s'est passée la soirée du drame. [00:10:38] Speaker A: C'est ça, c'est une fenêtre vers un univers. à découvrir. [00:10:43] Speaker B: Puis on ne sait pas trop où ça va nous amener. Comme là, ça nous amène vers le monde des sitcoms américains des années 60, ce qui n'a pas donné d'emblée. [00:10:53] Speaker A: Non, tout à fait. Puis s'intéresser à Hollywood, je ne sais pas, je serais peut-être la dernière à qui on aurait pu penser que ça arriverait, comment le fonctionnement d'Hollywood, puis qui sont les personnages importants, puis comment ça s'est construit, tout ça, tout ça. Mais il y a aussi... Quelque chose dans ça, c'est que ça frappe l'imaginaire. Il est arrivé un crime, donc c'est ça qui attire l'attention, mais l'attention, elle va pas nécessairement rester sur le crime lui-même, bien que ça va aider, quand on va avoir les éléments de preuve, à mieux comprendre ce qui s'est passé, mieux comprendre l'état d'esprit, peut-être, de la personne qui a commis le crime. Mais ce qui est intéressant, c'est que c'est une voie d'entrée l'exploration d'un sujet au sens d'un sujet humain. Avec tout ce qu'on sait pas, mais avec toutes ses contradictions à lui, avec ses mystères à lui qu'il ne sait pas lui-même peut-être, puis avec toute la marge d'erreur aussi possible dans des contextes comme ça. Mais c'est un exercice intéressant. Moi, ce qui m'a traversé l'esprit, quand j'ai vu le lien entre le sitcom et les propos de Nick Reiner lui-même, c'est que Nick Reiner raconte l'histoire du pilote, à défaut d'avoir mieux à dire, parce qu'on est en train de l'interroger, sur qu'est-ce que ça fait de sa relation à son père, et tout ça, et tout ça, et qu'on lui impose plus ou moins une tournée pour parler de sa relation à son père, qui est donc célèbre, et machin, machin, et que donc, puisque vous voulez de la fiction, en voulez-vous, en voilà, sur quoi est-ce qu'on ne connectait pas, en particulier quand j'étais petite, c'est sur le baseball. Comme mon père, en tant que personnage, dans une fiction, de son propre père. [00:12:55] Speaker B: Oui, c'est ça. Quand même. Oui, c'est quelque chose. Puis c'est quelque chose aussi, pareil, je n'avais pas pris la mesure tant que ça au début, parce que... Il y a toutes sortes de raisons. Je connaissais qui c'était Rob Reiner et Carl Reiner, J'avais oublié que Kyle Reiner avait été le producteur de Dick Van Dyke Show, que j'ai par ailleurs écouté plusieurs épisodes il y a quelques semaines. [00:13:21] Speaker A: Accidentellement. [00:13:22] Speaker B: Ben en fait, accidentellement. [00:13:22] Speaker A: C'est dans l'air du temps? [00:13:24] Speaker B: Avant que ça se passe. Juste que moi, ça m'intéresse les vieux sitcoms. [00:13:28] Speaker A: OK. [00:13:30] Speaker B: Mais en faisant pas, en ne sachant pas ce qui s'en venait dans la vie des Reiner. Mais oui, mais donc, il y a ça aussi, Carl Reiner, dont l'oeuvre marque l'Amérique quand même jusqu'à un certain point. C'est des émissions, dans le temps, il n'y avait pas tant d'offres, qui étaient écoutées par tout le monde. Le Dick Van Dyke Show, c'était très écouté. C'était une comédie qui mettait en scène la famille américaine, de comment ça se passait. Puis après ça, son fils, Rob Reiner, qui a fait aussi plein de films qui ont quand même eu beaucoup d'impact. Je reviens là-dessus, on en a parlé un peu la dernière fois, du poids quand même historique pour Nick Reiner qui finit par dire, je le répète, qui finit par dire dans une entrevue, mon père, mon grand-père ont amusé l'Amérique, ils apportent du bonheur à l'Amérique, moi j'apporte la détresse, j'apporte le malheur. Je rends tout le monde malheureux. Un de deux, je pense que tu dis aussi comment ça fonctionne. Parce qu'il a essayé de faire de la comédie, Nick Reiner. Ça n'a pas marché, ça n'a pas collé. Puis on le connaît pas assez pour juger, mais est-ce qu'il a été proche, à un moment donné, de sortir de ce cycle addictif-là de drogue? Des fois, tu regardes des gens et tu te dis, il y a eu quelques fenêtres d'opportunité qui étaient des moments pivots, puis ça n'a pas fonctionné, ça n'a pas collé. Mais lui, il y en a-tu eu comme ça, certains moments, peut-être autour de son film? [00:15:21] Speaker A: Il y a aussi quelque chose, il me semble, d'un clash de tempéraments probablement aussi entre son père et lui. au sens où lui, tout ce qu'on en sait, semble aller dans le sens d'indiquer qu'il s'agit de quelqu'un d'assez cynique, d'assez cassant, d'assez humour noir, sarcastique. Contrairement à son père, plus jovial, joyeux, rom-com, happy end. [00:16:02] Speaker B: Névrosé. [00:16:03] Speaker A: Névrosée à la New York Névrose, à la Woody Allen. [00:16:08] Speaker B: Oui. [00:16:10] Speaker A: Oui. [00:16:11] Speaker B: Dans le sens que c'est un peu le prototype du personnage. Moi, Harry Met Sally, c'est ça. Il a dit dans des entrevues que le personnage de Harry, c'était beaucoup lui. Donc, le lovable guy, pour parler en termes jeunes, qui est intéressé par des filles, mais qui se retrouve friendzoned par tout le monde parce que c'est juste le bon Jack, mais que les femmes ne sont pas intéressées d'avoir des relations amoureuses. C'est un peu ça. Le film, c'est un peu ça. Harry meet Sally, puis c'est son ami, son trop ami pour sortir ensemble. Puis bon, lui, il est pris là-dedans. Donc, Rob Reiner dit, c'était moi, ce personnage-là. Mais donc, dans une espèce de souffrance, sans la banaliser, qui est un peu de la souffrance névrotique, pareil. Tout va bien dans sa vie, il travaille. C'est juste qu'il y a une zone plus difficile autour des relations amoureuses où il est plus ami qu'amoureux, disons. Mais ce n'est pas le désespoir de drogue de son fils. [00:17:08] Speaker A: Non, non. [00:17:08] Speaker B: De dormir sans abri pendant des mois. C'est un autre geste quand même. Vous voyez, Alan, c'est un autre geste. [00:17:14] Speaker A: C'est ça, c'est la névrose au sens courant, au sens coquet, psychanalytico. New-Yorkais, t'sais, où on est tous un peu névrosés. [00:17:26] Speaker B: C'est un peu de l'humour juif aussi, parce que l'humour juif, souvent, c'est de l'autodérision autour de choses un peu... C'est quotidien, on peut dire. [00:17:37] Speaker A: Oui. [00:17:38] Speaker B: Qui n'est pas nécessairement dit sur un ton de profonds drames ou de dépressions sous-jacentes. [00:17:47] Speaker A: Oui. Oui. [00:17:49] Speaker B: T'sais, Woody Allen, Un genre de blague qui me vient en tête quand je pense à lui, c'est un de ses premiers films. Il arrive pour faire un vol de banque. Alors, il se présente en ayant l'air de Woody Allen, il s'est fait un petit fusil dans un savon, puis il passe une note au guichet, puis la personne lit la note, puis c'est marqué « Ceci est un vol de banque, donnez-moi le contenu de la caisse. » La personne le lit, puis il dit « C'est un B ou un C? » Là, il se met à signer sur la ponctuation, puis Woody Allen répond au pied de la lettre. « Non, non, mais c'est un C, vous voyez? Non, non, mais ça c'est un P. Ça veut dire... J'ai un bonne? Non, non, c'est gonne. J'ai un gonne. Mais non, c'est marqué bonne. Non! » Puis là, il fait venir quelqu'un d'autre. « Qu'est-ce que tu lis? Bonne? » Puis il dit « Non! » Là, il se met à signer, il fait tout ça. C'est le genre de blague, moi, quand même. C'est... C'est drôle, mais il. [00:18:55] Speaker A: N'Y a pas nécessairement la détresse et plus d'ordre névratique. C'est par déplacement, on déplace le problème. C'est peut-être aussi pourquoi... Rob Reiner a pu voir dans la série Saint-Infeld quelque chose qui était assez bon pour qu'il mette tout le poids de sa réputation et de son entreprise de production, Castle Rock, derrière. [00:19:25] Speaker B: Alors que c'était... un pilote un peu lent au début. [00:19:30] Speaker A: Tout à fait. Des années un peu longues au début. C'est. [00:19:33] Speaker B: Le genre d'humour, en fait. On. [00:19:35] Speaker A: Est tous. [00:19:36] Speaker B: Des tout-proches. Mais dans un contexte d'aisance financière. Oui. [00:19:43] Speaker A: Aussi. Il y a un bel appartement à New York. Oui, oui. On est tous des tout-proches et c'est ça qui est. [00:19:51] Speaker B: Drôle et c'est ça qui est attendrissant en même temps. C'est ça. Et là, t'as aussi, donc pour en revenir à... sans trop s'éloigner de notre sujet, mais là, je pense que. [00:19:59] Speaker A: Notre sujet, c'est s'éloigner du sujet. [00:20:02] Speaker B: T'as. [00:20:03] Speaker A: La figure aussi. On va de déplacement en déplacement. Exact. Est-ce que c'est un. [00:20:06] Speaker B: G ou un C? Ou un G, en tout cas. Oui, c'est ça. Tu sais, Dick Van Dyke aussi, qui était donc le personnage autour duquel le show mythique a été fondé, du grand-père de Conrad Reiner. Dick Van Dyke, il incarne ça complètement, cette espèce de... de bon vivant, sympathique. Toute sa bouille, toutes ses mimiques, puis c'est un comédien, moi je trouve assez génial, mais c'est un... Tout transpire, la bonne personne qui veut bien faire, mais qui rencontre plein d'embûches, mais qui finit toujours par s'en sortir. Puis c'est vrai que... C'est vrai que Nick Reiner, c'est quelqu'un qui arrive dans un party, puis qui dit aux gens, c'est l'image qu'on a entendue, c'est l'action de grâce, puis tout le monde doit dire en tour de rôle, de remercier et d'être thankful pour ce qui est arrivé dans l'année. Et quand c'est le tour de Nick Reiner, il dit qu'il a juste hâte que tout le monde s'en aille, qu'il est tanné d'être là, qu'il crie des bêtises à tout. [00:21:19] Speaker A: Le monde et qu'il lance la dinde dans son assiette. dans l'assiette de son père. Et son père qui dit, ah bon, bien ça, ce sera pas difficile de venir après ça, mère cynique. C'est-à-dire complètement flegmatique, aconflictuel. On peut pas faire pire comme acte de gratitude, comme discours de. [00:21:41] Speaker B: Gratitude que ce. [00:21:42] Speaker A: Qui vient d'être fait là, en fait. Oui, c'est ça. Oui, c'est ça, c'est l'ombre. En fait, c'est ce Ça, à quoi ça me fait penser, que... c'est à David Lynch, ton préféré, ton meilleur ami. Le. [00:21:59] Speaker B: Portrait. [00:21:59] Speaker A: Que David Lynch fait souvent de l'Amérique. [00:22:03] Speaker B: De surface. Oui. [00:22:07] Speaker A: Et de la part d'ombre juste derrière. Tout à fait. Nick, c'est ça qu'il incarne, en fait. C'est la part d'ombre. sous la... Je veux dire, c'est tellement ça, en fait. Rob Reiner, le réalisateur tellement aimé, tellement connu, na-na-na, une belle famille, des beaux enfants. Il est là pour recevoir des prix, il est en nomination de machin, c'est de la dynastie. Et là, pendant... Depuis la naissance presque de Nick, ou en tout cas depuis que Nick est tout petit, C'est bon, bien, comment est-ce qu'on gère? Nick, il nous fait des crises, puis... Des crises, puis après, il prend de la drogue avec nos voisins qui, incidemment, sont tous dans le même milieu que nous, avec des grosses maisons comme nous. Un des voisins a failli mourir un soir. Nick avait juste 15 ans de... Je sais pas quelle substance il avait consommé, puis c'était une affaire de... De quelques instants, sa mère est arrivée, elle l'a amenée à l'urgence. À partir de là, qu'est-ce qu'on fait avec Nick? On l'envoie en désintox. Bon, ça n'a pas marché une désintox, il faut qu'on rembourse la vitre que Nick a brisée à la chapelle du centre de désintox. Bon, on va l'envoyer à un autre centre de désintox. Puis on l'aime, notre fils. On veut qu'il soit de l'autre côté de la force. Et il ne veut absolument. [00:23:41] Speaker B: Pas, ou il ne peut pas, il en est incapable. Une autre façon de le dire, mais c'est une variation sur le même thème, c'est que t'as quand même le poids du nom du père, de la famille, du côté paternel de Dick Van Dyke Show, All in the Family, When I Remet Sally, Seinfeld, c'est tout du monde qui parle de leurs névroses. Ils parlent, ils parlent, c'est des mots, c'est des blagues, c'est de mettre en délusion. Puis lui, il se shoot de l'héroïne. C'est le corps, il n'y a pas de mots, c'est juste son corps avec Puis quand il raconte ça dans les podcasts, c'est dans les yeux, c'est de la coke, c'est la déchéance du corps. Il n'y a pas de mots pour le décrire tant que ça, c'est juste le corps qui est tout le temps surstimulé puis à l'affût d'un autre shot de quelque chose pour se mettre dans un état où il n'y a pas tant de mots. Tu comprends? Qu'est-ce qui n'arrête pas de se répéter, c'est la recherche d'une espèce d'état de jouissance, coquet, c'est juste ça, c'est tout le temps un coquet ou n'importe quelle drogue. Quand il en parle, il n'y a pas grand-chose à dire, ce n'est pas. [00:24:58] Speaker A: Drôle, il n'y a pas d'interaction avec une autre personne. Sauf quand il en parle dans le podcast, dans le Dopi-podcast en fait. Quand ils sont entre eux et qu'ils se racontent comment ils se dopent ou ils sont dopés et c'est quoi les folies qu'ils ont faites, ça c'est quelque chose. [00:25:16] Speaker B: Qui mérite, de ce qu'on comprend de Nick, quelques mots. Oui, oui. Non, non, ils ont des histoires. [00:25:24] Speaker A: De dope. Ils ont plein d'histoires. [00:25:25] Speaker B: De dope, t'as raison. Puis ça fait lien social aussi. Complètement. Tellement quand. [00:25:29] Speaker A: Même. [00:25:30] Speaker B: Tu dis, ça doit. [00:25:30] Speaker A: Être. [00:25:30] Speaker B: Dur de s'en sortir. Oui. De ce lien. [00:25:33] Speaker A: Social-Là. [00:25:34] Speaker B: Oui. Parce que le bonding est autour des histoires. Oui. Je voulais pas minimiser ça, mais il y a des histoires de dope, qu'est-ce qui est arrivé, puis qu'ils se sont rencontrés, mais la recherche de l'état est moins décrite. Pourquoi t'as rechuté? [00:25:51] Speaker A: Qu'est-ce que ton corps manquait pour vouloir te reprendre ça? Mais aussi, en fait, c'est parce que tu supposes que c'est l'effet sur le corps de la dope qui est recherchée. Mais il y a aussi autre chose autour de ça. Par exemple, il y a un événement qu'il a lui-même raconté, c'est qu'il a, tout jeune, volé de l'argent à ses parents pour engager une prostituée pour qu'elle le dépuce à elle. Si on met la dope dans le contexte de ce genre de délinquance, l'effet recherché, c'est peut-être aussi le lien au père dans ce qu'il perçoit comme restant au père, ce que son père répond quand il répond, ou ce qu'il peut ressentir d'une réponse de son père, c'est une réponse de colère, ou une réponse d'attention, ou d'inquiétude, ou de... Tu sais, il y a peut-être ça aussi qui est recherché en dehors des mots, dans le passage à l'acte. Tu sais, bien là, mon père, il va arrêter, il va venir me voir. Comme une fois, il fait de l'acide. C'est une autre histoire qu'il raconte lui-même. Il fait de l'acide, puis là, il se dit, OK, bon, bien... Il raconte pas comme ça, mais on comprend en telling que l'effet est assez intense, qu'il a peur de faire quelque chose d'irréparable. Ça fait qu'il se présente dans la chambre de ses parents. Sa mère veut rien savoir de Dylan avec ça. Elle se lève et elle s'en va dormir ailleurs. [00:27:30] Speaker B: Elle veut rien savoir. Le père l'accompagne toute la nuit. [00:27:35] Speaker A: Il lui. [00:27:36] Speaker B: Dit couche-toi à côté de moi, on va... C'est correct. J'ai. [00:27:41] Speaker A: Déjà vécu un trip comme ça, c'est assez. [00:27:43] Speaker B: Frite. [00:27:44] Speaker A: Chill. C'est ça. Fait que son père le rassure. Ouais. Fait qu'il se met en danger, ou il se met en état d'excès, ou il se met en... T'sais. Et là, son père répond. quelque chose que peut-être il ne répond pas ou qu'il n'est pas en mesure de sentir à d'autres. [00:28:02] Speaker B: Moments, parce qu'ils. [00:28:04] Speaker A: Ne peuvent pas bander sur le baseball. Oui, c'est ça. Ou ils ont des tempéraments tellement différents. L'humour. Avant d'écrire un film Being Charlie, il écrit une comédie Being Charlie. Il présente sa comédie. C'est tout des trucs de se servir de ses expériences en désintox pour en tirer l'humour. Mais bon, est-ce que c'est de l'humour noir seulement accessible à certains? En tout cas, son père, il la. [00:28:32] Speaker B: Trouvait pas drôle. Il trouvait. [00:28:33] Speaker A: Ça un peu superficiel même. C'était pas son genre d'humour. lui propose. [00:28:41] Speaker B: De travailler avec lui pour en faire un film mieux. Donc, non pas un sitcom qui s'inscrirait dans la lignée des sitcoms des. [00:28:51] Speaker A: Paternels, mais un film plus dramatique avec une belle fin. Qui ne ressemble. [00:28:56] Speaker B: Pas du tout à ce que d'autres pensaient avoir écrit. Là, il faut aussi dire, par contre, ça m'est revenu après notre podcast la dernière fois, C'est Carl Reiner, c'est une figure inconnue, Rob Reiner, le père, tout ça. Ça nous amène à parler de ça, mais ce ne sont pas des gens qu'on connaît, on ne connaît pas intimement la famille. Ça nous. [00:29:15] Speaker A: A amené quand. [00:29:16] Speaker B: Même à mettre de côté la mère. Mais oui, totalement. On n'en sait rien. Peut-être que si on était proches, on. [00:29:22] Speaker A: Dirait les vrais. [00:29:23] Speaker B: Enjeux entre le fils et la mère. C'est ça, oui. Nous, on part avec toutes sortes d'affaires, mais c'est. [00:29:31] Speaker A: Sûr qu'il y a un rôle à jouer quand même. Je sais pas si je peux le dire, je vais le dire puis on verra, mais c'est que ce qu'on sait de la mère, c'est que sa propre mère est la seule survivante d'Auschwitz dans sa famille. Ce qui ne peut pas ne pas être un traumatisme familial majeur. survivante d'Auschwitz, c'est qu'elle y a été aussi avec sa famille. Et sa famille, elle est la seule à y avoir survécu avant d'avoir ses propres enfants aux États-Unis. Et c'est pas... Donc, c'est pas éloigné, c'est très proche dans le temps, ça. À l'intérieur de la famille. C'est la grand-mère, c'est pas... c'est pas des ancêtres... Fait que je le dis comme ça, je ne peux pas... [00:30:24] Speaker B: Tu sais, le reste, ce serait juste de la supposition. Ironiquement, c'est un peu le reflet de Dick Van Dyke Show et de All in the Family, où en fait, le personnage principal, la figure principale, le pivot, c'est le père. La mère est très importante aussi, mais elle est un peu plus effacée. Mais en même temps, c'est elle qui contrôle beaucoup, un peu comme typiquement on présente la famille américaine dans les années 60-70. Il faut écouter le père, c'est le père qui gère, c'est le père qui mène, mais en même temps, c'est la mère qui décide tout, un peu dans l'aume, en disant « Regarde, ton père a dit ceci, dis oui, mais entre nous, on va faire ce qu'on veut. » Il y a tout ça qui se trame aussi, puis à la limite, dans ces émissions-là, le père est respecté, mais il est un peu gouffi. La vraie personne qui a mis d'ailleurs ce jugement, c'est souvent la mère, quand même. Mais bref. Mais donc, tout ça pour dire qu'on reprend un peu, en parlant de ce cas spécifique-là. [00:31:19] Speaker A: La structure. [00:31:19] Speaker B: Des sitcoms où la mère est un peu en retrait. Oui. Oui. Mais peut-être qu'en fait, l'enjeu était beaucoup... Il n'en. [00:31:26] Speaker A: Parle pas beaucoup, par contre, du lien avec sa mère, Nick Reiner. Non, mais aussi, est-ce qu'il parlerait autant du lien avec son père si on ne passait pas... si les. [00:31:37] Speaker B: Gens ne passaient pas leur temps à. [00:31:38] Speaker A: Lui parler de son père? Oui, exact. Il y a ça aussi. qui m'a frappée à un moment donné, c'est l'idée suivante. Nick Reiner. [00:32:13] Speaker B: J'aurais. [00:32:13] Speaker A: Absolument aucune idée c'est qui s'il n'avait pas tué son père. Oui. Je vais dire quelque chose de pire, c'est que je ne. [00:32:25] Speaker B: Saurais même pas. [00:32:25] Speaker A: C'Est qui son père s'il ne l'avait pas tué. Ah, pour vrai. ni son grand-père. Moi, j'étais absolument au courant de rien de tout ça, qui avait réalisé When. [00:32:35] Speaker B: Harry Met Sally et compagnie. Je connaissais les films, mais je m'étais... Je. [00:32:40] Speaker A: Connaissais Castle Rock, mais je ne savais pas qui était. [00:32:42] Speaker B: À. [00:32:42] Speaker A: L'Heure. Qui était Castle Rock. Puis je pense que c'est l'élément le plus tragique de toute cette histoire-là, en fait. Ce jeune homme-là qui croule sous le poids de la notoriété de son père et de son grand-père. Qui se. [00:33:09] Speaker B: Trouve pas de place là-dedans autrement que dans la négative, dans l'ombre. Qu'on lui dit toujours, souvent, T'as toutes les opportunités, t'as tous les contacts, t'as l'argent, t'as les contacts, vas-y, t'as tout, tu peux tout faire ce que tu veux. C'est une chance incroyable, le monde est à toi. Ton père, il peut t'ouvrir toutes les portes. Comme lourdeur quand même. Surtout si t'écris une comédie et que. [00:33:41] Speaker A: Ton père dit que c'est pas. [00:33:42] Speaker B: Drôle. C'est pas mon genre d'humour. Ton père qui a produit Seinfeld. Oui, c'est ça. Il y a tout un historique de comédies qui ont marqué l'imaginaire américain. Toi. [00:33:58] Speaker A: T'Es chez vous, t'essayes de faire des trucs, ton humour à toi. Puis tu sais, peux-tu imaginer aussi, tu l'as écrit, t'es content, je sais pas, moi je le connais pas, c'est peut-être pas son tempérament, Imagine, ton père, tu le sais, t'es en train d'intégrer le fait que finalement, c'est un grand bonze de la société, et tout, et tout. Fait que là, t'écris ça, puis là, tu ramasses ton courage à deux mains pour aller lui présenter l'oeuvre à laquelle tu. [00:34:28] Speaker B: T'Es appelé. Puis il te répond. [00:34:31] Speaker A: Poif, poif, poif, baf, ouais, OK. On va en faire. [00:34:34] Speaker B: D'Autres choses. Hé, j'ai une meilleure idée! J'ai une meilleure idée! Ouais. Pour revenir à ce que tu disais, le paradoxe, on peut dire, c'est quelqu'un qui a le poids, c'est parce que je t'ai interrompu dans la tournée, qui a le poids de la notoriété de son père et de son grand-père, qui essaie de s'en défaire, qui n'aime pas ce milieu-là, de ce qu'on comprend, il n'aime pas le milieu hollywoodien. [00:34:58] Speaker A: Particulièrement, parce que ce milieu-là, tout ce que ça peut avoir d'images, Puis t'imagines tout le monde qui arrive chez eux... à faire la belle façon au. [00:35:12] Speaker B: Père en espérant en tirer quelque chose aussi, là, la fausseté, l'hypocrisie. Tout à fait. Puis donc, qui veut se départir, qui lutte contre cette notoriété-là, puis qui plie dedans, puis qui en profite, mais qui en veut. [00:35:27] Speaker A: Pas, parce qu'il y a ça aussi. [00:35:28] Speaker B: Il habite avec ses parents. Il n'est pas capable d'arrêter d'en profiter. Il y a du luxe, là, c'est le fun. mais il n'en veut plus. Il oscille entre, quand même littéralement, il oscille entre du grand luxe. Il habite dans une espèce de mansion qui vaut des millions et des millions, avec des bonnes, puis la bouffe tout faite. C'est tout ce qu'il veut, en fait. Puis des moments où c'est un itinérant pendant des semaines, puis. [00:35:56] Speaker A: Qu'Il dort en dessous des bancs, puis il dort, puis tout ça. Il chaute dans les. [00:35:59] Speaker B: Toilettes. Il chaute du Wellbutrin dans. [00:36:00] Speaker A: Les toilettes du McDo au Minnesota. Il y a ce contraste-là fort. Mais donc, bref... [00:36:08] Speaker B: Où est-ce que je dois aller pour me libérer de cette emprise-là? De la notoriété ou de pas. Donc, il commet un passage à l'acte qui. [00:36:17] Speaker A: En fait, le ramène dans. [00:36:19] Speaker B: Une... négative, mais une notoriété. [00:36:22] Speaker A: Quand même. Parce qu'on n'en parlerait pas. Là, il est connu. [00:36:26] Speaker B: Astor. C'est pour ça qu'on en parle. Avant, on n'aurait jamais parlé. Puis à la limite, il va. [00:36:34] Speaker A: Peut-Être même dépasser son père et son. [00:36:36] Speaker B: Grand-Père comme personnages connus. [00:36:39] Speaker A: Potentiellement. Parce que quand même... Dans les familles. [00:36:42] Speaker B: Ou dans. [00:36:43] Speaker A: Les familles. Mais c'est comme une forme de notoriété, malheureusement. Oui, oui. Puis c'est cruel en... En termes de tragédie. C'est-à-dire que tu peux pas échapper à ton destin. Tu peux pas choisir c'est qui tes parents. C'est impossible. Une fois que t'as les parents que t'as, ben c'est tout, tu les as. Tu peux pas. Tu n'y peux absolument rien. Tu ne peux rien à ta lignée, tu ne peux rien au discours familial. Tu peux juste trouver une façon d'y faire ta place ou de l'intégrer pour y survivre, pour y exister. Puis là, la seule façon qu'il trouve, c'est en essayant, en posant l'acte ultime pour couper littéralement ces liens-là. [00:37:43] Speaker B: C'est comme de se retrouver exactement dans le discours de notoriété familiale. Oui, c'est ça. Oui, tout à fait. Mais tu vois, c'est bien dit comme ça, puis c'est le fun que tu aies dit le mot tragédie, parce qu'on aborde cette histoire-là un peu dans le sens de la tragédie et de tout ce que tu as dit, puis mieux que ce que je peux le dire. Mais tu sais, une tragédie où tu as un destin, tu as des mots qui te traversent, tu as des mots qui font en sorte qu'ils te définissent, puis que tu apprends une langue parce qu'elle est parlée autour de toi, puis si. [00:38:18] Speaker A: Ça avait été une autre langue, c'est celle-là que tu aurais appris. Tu peux te battre autant que tu veux, tu peux pas changer. [00:38:23] Speaker B: La langue dans laquelle tu as grandi. C'est ça qui est arrivé. Mais là, t'es né. Sauf que cet angle-là, nous on l'aime, la langue de la tragédie ou du destin ou des mots, M-O-T-S, mais c'est très différent du point de vue qui est par ailleurs très raconté de, boum, c'est un schizophrène. Il a une maladie mentale. Il prend des médicaments, puis quand il arrête d'y. [00:38:51] Speaker A: Prendre, bien, ça se peut qu'il y ait des accès de violence. Mais en fait, c'est pas si différent dans le sens où c'est... C'est pas différent en termes de tragédie, dans le sens où c'est une autre forme de déterminisme. C'est une façon de dire, non, non, non, le vrai déterminisme, Il a quelque chose de biologique. Il est dans le corps et dans les neurones. T'es né avec tes neurones et malheureusement, certaines personnes ont les neurones ainsi connectés que ça cause des problèmes de perception et de rapport. [00:39:26] Speaker B: Au monde, des distorsions dans le sens qu'ils ont de la réalité. Tout à fait. Non, c'est une autre sorte de déterministe, tout à fait. Mais quand t'es dans celui-là, c'est vrai qu'il y a des gens qui disent, mais c'est quoi le... Comme on disait au début, c'est quand même incroyable. Il répète dans une tournée sur son faux film qu'il n'a pas voulu faire, mais qu'il n'a pas eu à faire avec son père, qui est comme une espèce d'excuse pour se rapprocher de son père, mais qui est tout. [00:39:55] Speaker A: Croche. Il reprend l'exemple du. [00:39:58] Speaker B: Pilote. [00:39:58] Speaker A: De son grand-père. C'est fameux, non? Oui. Oui. Consciemment ou pas. Oui. Moi, je n'exclus pas que ce ne soit. [00:40:09] Speaker B: Pas conscient et que ce ne. [00:40:10] Speaker A: Soit pas une forme d'humour noir. Oui, oui, oui, tout à fait. De sarcasme pour dire, bien, regardez, en voulez-vous de la... [00:40:18] Speaker B: Vous savez, en voulez-vous de la fiction? En voulez-vous de la fiction? Puis ce qui nous amène, trouves-tu, au troisième pôle, dans un sens, puis tous ces pôles-là sont interreliés, puis c'est pas un ou l'autre, là, on fait des grands traits. Il y a le destin, la tragédie, les mots, les mots qui traversent, qui définissent. Il y a la biologie, puis les neurones, puis tout ça. Mais il y a aussi la personnalité, puis le caractère de la personne. Ça existe aussi. Lui, on peut dire qu'il a une maladie mentale, on peut dire qu'il a une tragédie. [00:40:49] Speaker A: Un passé, mais il y a. [00:40:51] Speaker B: La personnalité qu'il a bâtie aussi. Le rôle en fait, le personnage. Oui, le personnage dans lequel il a choisi. [00:41:01] Speaker A: Ou qu'il lui a été donné ou en tout cas qu'il joue. Puis comment tu sors de ce rôle-là aussi? Parce que le rôle, c'est devenu, dans le discours familial, de toute évidence, on est une belle famille et on a un enfant en problème. Et c'est toi, l'enfant en problème. Ça fait que là, tu joues le rôle de l'enfant en problème. Puis peut-être que, probablement que tu l'as été à un moment donné, mais ça s'est renforcé au fil du temps. Tu sais, ton discours et le discours familial se réverbérant l'un l'autre, tu sais. OK, bon, bien, finalement, ce que je vais faire, c'est que je vais y aller à fond dans les problèmes. Le passage à l'acte, c'est une façon de parler sans mots, comme tu disais. Mais là, éventuellement. [00:41:51] Speaker B: Ça devient ton caractère. Tu peux plus te sortir de ton rôle. Non, c'est ça. C'est comme ça. [00:42:00] Speaker A: Que tout le monde te traite de toute façon dans ce rôle-là. C'est ça. Puis quand t'essaies d'en sortir, si jamais t'essaies. [00:42:05] Speaker B: D'En sortir, bien tout le système, il réagit aussi. Pour. [00:42:08] Speaker A: Éviter ça. [00:42:09] Speaker B: Oui, oui, oui. Puis il te ramène à ton rôle. Bien oui. [00:42:13] Speaker A: Mais qu'est-ce que tu penses aussi... Je vais réagir spontanément. Oui, vas-y. Puis excuse-moi, je veux juste pas avoir l'air de dire que c'est de la faute des autres ou c'est... Tu sais, c'est... quand les gens veulent te ramener au rôle, c'est juste... spontané et normal, c'est-à-dire on connaît quelqu'un d'une façon, quand cette personne-là se met à changer, ça nous menace nécessairement, on doit changer aussi avec elle, puis c'est pas nécessairement vrai que spontanément, on va l'accepter tout de suite. On va. [00:42:43] Speaker B: Vouloir la ramener à ce qu'on sait d'elle, ce qu'elle tient là-dedans. Oui. Know your role. Mais ça m'amène à parler de... En association libre, il y a quelque chose qui m'apparaît plus présent maintenant qu'avant, et je ne sais pas trop pourquoi, je ne sais pas trop si c'est vrai, mais du concept ou de l'idée que les gens ont qu'il pourrait y avoir différentes vies parallèles ou différents timelines. Ce n'est pas une croyance que les gens croient que ça existe, mais c'est une façon de penser que les gens aiment avoir. Donc les gens vont dire, de plus en plus, je l'entends beaucoup, les gens vont dire, ah bien, s'il était arrivé, si j'avais pris telle décision à tel moment, peut-être ça aurait créé un tout autre circuit. Puis je peux imaginer c'est lequel. Puis fait que les gens pensent leur vie comme ça, puis un peu autour même de dire, tu sais, on entend ça dans le développement personnel de dire, je veux être la meilleure version de moi-même. On entend ça souvent, hein? Mais ça implique qu'il y en a peut-être plusieurs. Il y a plusieurs versions possibles. En fait, c'est essentiellement ça l'idée. Il y a plusieurs versions possibles. Il y a une version vraiment déprimée, une version vraiment moche, une version un peu comme ça. Mais j'aimerais ça être la meilleure. Mais le pas suivant, c'est de dire, mais toutes ces versions-là, elles auraient pu exister en fonction de certains choix que j'ai faits ou que je n'ai pas faits, ou de certaines choses qui sont arrivées, qui auraient pu ne pas arriver. Et donc, je trouve que cette idée-là. [00:44:06] Speaker A: Est beaucoup plus présente qu'avant. Et c'est peut-être à cause des jeux vidéo, Oui, c'est ça que j'allais te demander. Y a-t-il quelque chose. [00:44:14] Speaker B: Dans un jeu vidéo ou une série récente, tu sais, des fois? Tu sais, je me dis que comme il y a de plus en plus de gens qui se ploncent dans des personnages virtuels où ils sont constamment en train de faire des choix qui. [00:44:27] Speaker A: Changent la trajectoire. [00:44:28] Speaker B: De leur personnage, ça t'amène à penser comme ça. Oui, c'est vrai. Moi, je fais pas ça, mais quelqu'un qui passe huit heures par jour dans ce monde-là, puis tu traverses des étapes, donc tu réussis en fonction des choix et de ce qui t'arrive. En fait, c'est la structure du jeu vidéo, en fait. Mais peut-être que c'est pas ça. Peut-être qu'il y a quelque chose qui s'est passé qui a fait que les jeux vidéo ont été créés pour refléter cet aspect-là. [00:44:59] Speaker A: Aussi. Je sais pas par quoi ça a commencé. Mais quand même... Il y a un film, Cours-le-Lacours, je ne sais pas si ça dit quelque chose, mais c'est exactement ça. C'est trois ou quatre. [00:45:11] Speaker B: Fois, je. [00:45:11] Speaker A: Ne me souviens plus, ça fait longtemps, la même. [00:45:13] Speaker B: Situation. Oui, exact. Mais avec une petite différence qui change toute l'histoire. C'est ça. mais qui est un peu la façon, une façon différente du fonctionnement de la structure narrative des sitcoms comme de Dick Van Dyke Show. De Dick Van Dyke Show, t'as le père, la mère, l'enfant. Les voisins, le beau-frère. Le beau-frère est fatigué. Le beau-frère, il est malade. Mais, tu sais, puis... Il n'y a pas dans la structure est-ce que le père va donner la meilleure version de lui-même. Il faut qu'il fasse avec son lot quotidien. C'est ça qui est drôle. Le jeu vidéo, ce n'est pas ça. Il y a un aspect comme ça que Nick Reiner raconte de sa vie qui est quand même assez central. Il raconte comment il a commencé à consommer. Puis il raconte un moment où il dit essentiellement ce que je viens. [00:46:07] Speaker A: De dire. Si. [00:46:08] Speaker B: C'Était arrivé autrement, peut-être que je n'aurais jamais consommé. Qu'est-ce qu'il raconte? Ben, il raconte la première fois, en fait, où, il y a 14-15 ans, il est dans un party, tu sais, j'oublie les détails, là, mais il est dans un party, son ami consomme quelque chose qu'il connaît pas, mais qui est massue, tu. [00:46:26] Speaker A: Sais, qui a un. [00:46:26] Speaker B: Effet massue, là, puis il devient très malade. Oui, oui, oui, oui. Puis, tu sais, t'as souvenir l'écran, là, mais c'est ce qu'il raconte. Puis, là, il est inquiet de ça, parce que là, il est comme quasiment... il est sans connaissance, son ami, tout ça, tu sais. Puis... Sur le fait, heureusement, les parents de son ami arrivent. Eux autres, c'est des enfants, ils ont 14-15 ans, ils disent aux parents, regardez, ça va pas. Ils appellent l'ambulance, tout ça. Puis là, si je me souviens bien, il y a une dame qui est là, qui n'est pas la mère de l'enfant qui est en choc, mais qui est une autre personne, avec qui il crée un lien, puis qui raconte un peu ce qui s'est passé, en lui faisant confiance. Puis cette dame-là dit, « Bon ben, merci. Je vais appeler ta mère et je vais lui dire. » Puis c'est ce qu'elle fait. Puis là, lui, il dit, « Non, non, fais pas ça. Voyons, je te fais confiance. Je t'ai raconté ce qui s'est passé. Il faut comme ventiler. » Elle dit, « Non, non, non. » Puis elle appelle la mère. Puis lui, il raconte, il dit, « Ma mère, being the crazy woman that she is, tout de suite, cure de désintox. » Et il dit, là, bien, j'ai rencontré des gens qui consommaient. Puis quand tu te fais dire, c'est quasiment sa citation littéralement, il dit, quand tu te fais raconter pendant 28 jours comment c'est le fun de prendre l'héroïne, qu'est-ce que tu penses que tu fais une fois que tu sors de la désintox? T'as le goût d'essayer de l'héroïne, c'est ce que ton ami dans la chambre, il t'a raconté. En fait, lui, il raconte ça un peu comme, pareil, dans mon... cette nouvelle façon de faire la narration de la vie, ce moment-là, qu'est-ce. [00:48:07] Speaker A: Qui serait arrivé si il n'était pas. [00:48:09] Speaker B: Confié à cette madame-là ou si cette madame-là n'avait pas appelé sa mère. Ou si sa mère avait réagi autrement. Oui, et s'il n'était pas tout de suite rentré dans le circuit de la désintox ou rentré dans le circuit de, en. [00:48:21] Speaker A: Fait. [00:48:22] Speaker B: Potentiellement, des parents qui, en fait. [00:48:28] Speaker A: Ont presque... qui veulent trop bien faire, trop rapidement, avec trop de moyens. Oui. C'est un peu ça qu'ils racontent. tout en causant un effet secondaire qui n'est pas dit, mais qui, à mon sens, est quand même potentiellement très important, c'est de le déraciner. [00:48:48] Speaker B: De son réseau social de 14-15 ans. De sortir de l'école. Pour l'envoyer en désintox, il a fallu sortir d'école. Puis. [00:48:58] Speaker A: Il n'est jamais revenu. Après ça, ça a été un tuteur privé. Puis quand même, ça a un impact aussi. C'est des années importantes, ça, 14, 15, 16, 17 ans. En termes de réseau, je veux dire, d'intensité, d'amitié, puis de ce qui se passe à l'école, puis. [00:49:18] Speaker B: D'Importance. Les filles que tu rencontres, la blonde de l'autre, puis les confidences que tu te fais, puis tout. [00:49:25] Speaker A: Ça. Puis le fait que tes nouveaux amis sont tous des gens qui ont des problèmes de consommation, par défaut. Ce qui met aussi une autre lumière sur... le témoignage d'un de ses co-chambreurs. Donc, un de ses co-chambreurs en désintox est rendu un entrepreneur quelconque, en tout cas. Mais quand il avait 15 ans, il était dans la même chambre, puis lui, il était en désintox parce qu'il avait une addiction au magasinage, puis qu'il avait comme dépensé 250 000 piastres sur la carte de crédit de ses parents. En tout cas, il s'est retrouvé là, dans la même chambre que Nick, Et lui, il est très, très sévère à l'endroit du nic dont il se souvient. Puis entre autres, il n'arrêtait pas de parler pendant des heures de comment y haïssait ses parents. Il était arrogant. Une fois, il a failli se battre avec moi. Il a fallu l'arrêter. Il a pété une coche parce que j'y ai dit qu'il ressemblait à Jet Travolta. C'est ce que ce gars-là raconte. Je lui ai dit ça, il allait m'assommer, il est devenu enragé. Fait que c'est quelqu'un d'assez monstrueux, selon lui. Selon ce gars-là, qui s'est confié au délimel. C'est le seul, de toutes les sources des journaux, c'est le seul qui s'est nommé. Malheureusement, j'oublie son nom, mais c'est le seul qui s'est présenté avec son propre nom. Je ne sais pas ce qu'on peut retenir de ça. Mais ça jette une autre lumière, tu sais, c'est que les gens en parlent pour dire, voyez-vous, il a toujours été un problème, il a toujours été agressif, il a toujours haït ses parents, etc. Mais dire, dans le fond, il a fait de la dope une fois avec. [00:51:19] Speaker B: Un de ses chums, ça a failli mal. [00:51:20] Speaker A: Virer, puis. [00:51:21] Speaker B: Là, la madame l'a trahi, en. [00:51:23] Speaker A: Fait. C'est une trahison. Oui, c'est ça, c'est une histoire de trahison. C'est ça. Oui, c'est comme la trahison, oui. Il s'est confié à elle de bonne foi. C'est son récit à lui. Il s'est confié à elle de bonne foi, puis tout de suite, ça s'est reviré contre lui. Elle a tout dévoilé à sa mère. Sa mère, elle n'a pas voulu entendre non plus qu'il était de bonne foi. Puis pouf, c'est fini. Plus d'école, plus de... Puis donc, il rencontre ce jeune homme-là en désintox et. [00:51:51] Speaker B: Il est en colère, en fait. Ça explique autre chose que. [00:51:56] Speaker A: Ce gars-là était intrinsèquement en colère contre sa famille. Oui, oui, dans ce sens-là. Oui. [00:52:02] Speaker B: Oui, oui, tout à fait. C'était un jeune punk, un délinquant en puissance dès qu'il avait 15 ans, tu sais. Oui. Puis bon, il y a toute l'histoire aussi de... C'est une histoire... C'est triste, mais toute cette histoire-là est triste. Il n'y a pas de... On s'en sort pas, là, mais tu sais, des parents qui... de nombreuses reprises vont à faire des thérapies de groupe, vont dans les centres de désintox pour parler, pour s'asseoir, partout à travers les États-Unis parce qu'il y en a fait, une fois c'est en Arizona, une fois c'est à New Jersey, une fois c'est au. [00:52:39] Speaker A: Nevada, ils se promènent partout, ils débarquent, puis il y a des séances de thérapie, puis pendant des heures, Des fois, ils prennent le jet privé. On s'en va voir notre fils pour la rencontre. [00:52:51] Speaker B: Avec le thérapeute. On arrive là, puis notre fils. [00:52:54] Speaker A: Nous envoie promener, puis il veut rien savoir de nous voir. On reprend le jet, puis on repart. Oui, oui. Mais en même temps, ça montre aussi... Comment ça doit être difficile quand tu es dans un monde aussi déconnecté du monde de la moyenne des ours dans la vie, de jets privés et de moyens presque infinis pour envoyer ton fils dans le désintox le plus cher à tel endroit et à tel endroit. que tu n'as peut-être pas nécessairement, malgré toute ta bonne volonté, une perception équilibrée de ton rôle dans la vie de ton jeune. Tu vois ce que je veux dire? Ce n'est pas ça du tout d'une façon accusatrice d'aucune façon, mais c'est que ce n'est pas le seul... fils d'eux, qui est tombé dans la délinquance, dans la drogue, dans les problèmes d'eux, dans cet univers hollywoodien qui est un univers de gens qui vivent loin de la ville et de ses problèmes. loin de, t'sais, dans des grandes maisons où ce qu'on fait, ce qu'on écrit de la fiction, où on joue de la fiction, où on se passe des auditions, où on part de Los Angeles à New York en jet privé, où on... Vous voyez? Ce qu'on vient t'offrir comme service ou comme bonnes idées pour t'aider avec ton fils, c'est pas ce qu'on offre aux gens en général. Les difficultés de ton fils, c'est. [00:54:29] Speaker B: Pas celles des gens en général. Mais ça doit te donner une perception distordue. Excuse-moi, je ne vais pas t'interrompre. Non, non, mais... Oui, je suis d'accord avec toi. Puis la solution qui est trouvée dans ce pattern-là, on peut faire l'hypothèse que ce n'est pas la bonne. Puis l'exemple, on en a parlé tantôt, je pense. Nick Reiner, je ne me rappelle plus quel âge, 15, 16, 17 ans, il a de la difficulté avec les femmes, il a de la difficulté à entrer en relation avec des jeunes filles de son âge, notamment parce qu'il a été sorti de l'école et mis en désintox. En désintox, souvent, les hommes, les filles et les garçons sont séparés. Il y a tout ça comme histoire, mais il raconte aussi comment les filles et les garçons se regardent, mais ne peuvent pas se parler. Ils ont le droit de mettre des dessins au mur. Il essaie de décortiquer ce que la fille, que tu le gardes à travers La clôture a dessiné, c'est-tu lié à toi? Parce que peut-être qu'il y a un message là-dedans. Tout le monde peut juste spéculer, mais il n'y a pas de contact, il n'y a pas de lien. Bref, ça n'aide pas les relations entre les garçons et les filles. Lui, tous ses amis commencent à avoir des blondes. Lui, il n'a pas encore. [00:55:41] Speaker A: Fait l'amour. [00:55:42] Speaker B: Avec une fille. Ça le met mal à l'aise. Sa solution, il se paie une prostituée de luxe. Oui, oui. C'est le même pattern. T'as un problème de consommation, on va te donner le top centre de désintox à 85 000$ par mois. Mais ce top-là autour de l'argent, c'est rarement la vraie solution. Ce qui l'aurait aidé, c'est de développer un lien avec une fille qui est son amie. C'est sûr, c'est pas la prostituée de luxe qui est la réponse à l'enjeu. C'est comme des, à. [00:56:14] Speaker A: La limite, des solutions faciles parce que t'as les moyens qui sont pas les bonnes solutions, pis t'as ce pattern-là. Pis que tu connais rien d'autre aussi, dans le sens que t'as pas accès à... t'es née là-dedans, son père est né là-dedans, t'as pas... t'as pas le sens d'autre chose que ce qu'on t'amène, puis ce qu'on t'amène, t'sais, probablement très souvent intéressé, puis ce qu'on discute, t'sais, comment... Je veux dire, tous ces films-là, là, d'Hollywood... comme pas Hollywood, mais t'sais, Woody Allen et compagnie, là, t'sais, tout le... Je vais voir mon psychanalyste, il l'a fait, Rob Reiner, d'aller en psychanalyse pendant des années, t'sais. Fait que là, t'as... Tout ça, c'est accessible seulement à une strata particulière de la société. Ça devient un mode de vie aussi, en fait, d'explorer, d'interroger, d'essayer, de décortiquer pour dénouer, etc. Et je ne dis pas que ça ne peut pas être aidant ou intéressant, mais c'est quelque chose qui est en dehors du monde réel, habituel pour la plupart des gens. Ce qu'on vient t'offrir, c'est probablement des choses que t'es capable de payer. T'es pas dans une position pour faire la différence. [00:57:35] Speaker B: Nécessairement, entre un centre de désintox à 70 000 dollars américains par mois, puis un service d'accompagnement... ordinaire de base. Il y a comme... Oui, oui, tout à fait. Puis... Oui, oui. Puis bon, c'est un autre... C'est la même chose que ce que tu sais d'un autre point de vue. La... Le ressort comique des sitcoms de son père et de son grand-père, Annick Reiner, c'est quelque chose autour du désir raté. C'est un peu ça dans Seinfeld aussi. C'est George, il se plaint avec des mots, qu'il veut quelque chose qu'il n'est pas capable d'avoir. Puis quand il pense qu'il va l'avoir, ça. [00:58:26] Speaker A: Lui échappe ou... Il finit par l'avoir. [00:58:29] Speaker B: Mais il se rend compte que ce n'est pas vraiment ça qu'il désirait. Il ne sait pas quoi faire avec. Il n'en veut plus. Il n'en veut plus. Des fois, c'est littéralement ça. Il veut sortir avec cette fille-là. Il veut, je l'aime. Il sort avec, dans quoi je me sens embarqué. Comment je peux m'en sortir maintenant? C'est tout du désir. C'est toute la boucle du désir. Puis d'essayer d'y arriver, d'essayer d'y arriver, puis du ratage. C'est toujours ça. Mais donc, dans ce qu'on décrit, c'est en fait la solution qui coupe la. [00:59:00] Speaker A: Boucle du désir. J'aimerais ça. [00:59:03] Speaker B: Peut-Être qu'on puisse aller voir. [00:59:05] Speaker A: Du. [00:59:06] Speaker B: Baseball ensemble. On a deux billets dans les loges. [00:59:09] Speaker A: Oui. Ah oui. [00:59:11] Speaker B: C'Est bon. Ce soir à 8 heures. Oui. Puis il y a une limousine qui nous attend. Oui, oui, oui. C'est trop. T'arrives dans les loges, t'sais, t'as pas de plainte, là. Personne de tes... t'es là, wow. Mais en même temps, t'es comme gavé de bouffe. T'as un problème de consommation qui se dessine à peine. C'est la première. [00:59:32] Speaker A: Fois, c'est un de tes. [00:59:33] Speaker B: Amis qui fait un overdose, t'as 14 ans. Boom, t'es en désintox. Puis une désintox... [00:59:38] Speaker A: À l'autre bout du. [00:59:39] Speaker B: Monde. Puis sur le pamphlet, on annonce qu'il y a des chefs qui font la nourriture. Ah oui, c'est ça. Ça fait que c'est pas de la bouffe ardente. T'sais, t'vas pas manger ton pain noir, là. C'est un catering de luxe, t'sais. Mais là, je veux dire... Ça n'a pas rapport. [00:59:56] Speaker A: Quand t'as 15. [00:59:57] Speaker B: Ans d'avoir des buffets de luxe. C'est comme des solutions qui coupent le désir dans un sens. Oui, c'est bon. C'est sûr que, faut-il le préciser, on spécule. C'est peut-être juste ma propre relation au désir et au ratage. Ce n'est pas ça du. [01:00:15] Speaker A: Tout. Mais quand même, t'écris un sitcom, potasse quelque chose avec. [01:00:21] Speaker B: Des blagues que t'essayes de faire avec un ami. C'est ton œuvre, c'est ton monde, c'est ce que tu connais. Pis en peu de temps, on te dit, ben regarde, ça sera pas un sitcom, ça va être un film, pis la tournée est lancée, pis. [01:00:33] Speaker A: Il faut faire des apparitions à 8 places de. [01:00:35] Speaker B: 6. [01:00:35] Speaker A: Minutes chaque. Avec. [01:00:36] Speaker B: Ton père. Voici. [01:00:37] Speaker A: Ce que... C'est ça. Pis il faut que tu parles de ton père. Oui. Pendant la. [01:00:42] Speaker B: Tournée. Oui, c'est ça. Ce qu'on veut que tu dises, c'est comment ça a affecté ta relation à ton père. Puis ce qu'on veut que tu dises, c'est comment la consommation, c'est pas bon, puis c'est mieux de s'en sortir puis d'arrêter de consommer. Mais toi, ce que tu racontes après dans les podcasts, c'est qu'après l'apparition. [01:00:54] Speaker A: De 7 minutes. [01:00:55] Speaker B: À la télé, tu montais sur le top du toit. [01:00:57] Speaker A: De NBC, puis. [01:00:59] Speaker B: T'Allais fumer des joints. Oui, c'est ça. Quand tu venais de dire que t'avais arrêté de consommer. Oui, c'est ça. Tu sais, c'est un truc... Oui, non, c'est ça. C'est comme... C'est d'une tristesse quand même. Oui, c'est d'une... Oui, c'est... Parce que t'as pas... [01:01:07] Speaker A: Il y a pas de place pour désirer, il y a pas de place pour élaborer, c'est tout le temps... La comédie. [01:01:15] Speaker B: Comico-Tragique, la comédie, c'est... c'est... la face inverse de la tragédie. C'est... c'est la même chose. Dans sa forme inversée. Oui, oui, tout à fait. Puis, dans le même ordre d'idée, la... le cri ou la... Parce qu'il y a ça aussi, tu sais, il vit dans un monde d'hypocrisie puis de paraitre. La veille du meurtre, là, au parti de Conan O'Brien, là, c'est un parti de paraitre, là, je viens contre le monde qui sont là. C'est tout gratin qui sont là dans un certain luxe. Mais. [01:01:51] Speaker A: Lui, il coupe les conversations en criant en. [01:01:53] Speaker B: Face. [01:01:54] Speaker A: Du. [01:01:54] Speaker B: Monde, puis en leur demandant « T'es-tu connu. [01:01:55] Speaker A: T'Es-Tu. [01:01:56] Speaker B: Célèbre, toi? » Puis il arrive en hoodie, puis en jeans. Croche. Oui. Tout le monde est là en... Vimy, là. Oui. [01:02:04] Speaker A: C'est comme toujours, c'est comme s'il incarne la face cachée ou le vice dans le paraître. Puis il est pris avec ça. Puis à la fin, la seule façon de s'en libérer, c'est de. [01:02:16] Speaker B: Tuer ses parents, c'est de.

Other Episodes